Cognitions Négatives et Positives en EMDR : Fiche de travail, outils et exercices PDF
Une fiche PDF structurée pour aider vos patients à repérer, nommer et mesurer leurs croyances négatives et positives lors du ciblage EMDR.
Vignettes cliniques
Nommer la croyance derrière l'accident
Contexte. M., 34 ans, consulte pour des reviviscences récurrentes suite à un accident de voiture survenu deux ans plus tôt. Il décrit une vigilance constante au volant et une tendance à éviter les trajets autoroutiers, sans parvenir à expliquer rationnellement cette persistance. Lors de la préparation EMDR, le clinicien lui propose d'identifier ce que le souvenir lui dit encore de lui-même aujourd'hui : après un temps de silence, M. formule spontanément « je suis impuissant ». Le clinicien vérifie que la phrase parle bien de lui au présent et dépasse la scène, puis invite M. à chercher, dans le même registre du contrôle, une cognition positive plausible ; M. retient « j'ai des choix maintenant » avec un VoC initial de 3 sur 7. Ce travail de repérage, effectué avant le retraitement, permet d'orienter la cible et de rendre la progression mesurable séance après séance.
Culpabilité persistante après une négligence perçue
Contexte. A., 51 ans, présente une symptomatologie dépressive secondaire à un deuil compliqué : elle se reproche de ne pas avoir été présente lors du décès de sa mère et revient sur cette scène de manière répétitive. En séance de préparation, le clinicien utilise la fiche de psychoéducation pour distinguer le fait (« je n'étais pas là ») de la croyance (« c'est ma faute »), ce qui permet à A. de reconnaître que cette phrase s'applique bien au-delà de cet événement. La cognition positive retenue, « j'ai fait au mieux avec ce que je savais », lui semble d'abord peu crédible, ce que le clinicien note sans chercher à convaincre, en précisant que c'est précisément l'objet du retraitement. A. évalue son VoC à 2, point de départ concret pour mesurer l'évolution au fil des séances.
En EMDR, la phase d'Assessment achoppe souvent sur un point précis : le patient comprend ce qu'on lui demande, mais la croyance négative reste vague, générique, ou confondue avec un fait brut. Cette fiche PDF est un support visuel conçu pour traverser ce moment avec lui en séance, sans tâtonner.
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Pourquoi les cognitions EMDR résistent à l'explication orale
Le protocole de Shapiro suppose que le patient formule une NC (croyance négative) et une PC (croyance positive) précises, toutes deux ancrées dans le même registre sémantique. En pratique, deux obstacles reviennent systématiquement.
Le premier : la confusion entre fait et croyance. « J'ai été agressé » est un fait ; « C'est de ma faute si j'ai été agressé » est la croyance, et c'est cette dernière que le retraitement cible. Chez les patients qui présentent des réactions post-traumatiques intenses, cette distinction reste souvent floue après une seule explication verbale.
Le second : la PC formulée trop haut. Sans point d'appui concret, le patient propose spontanément des phrases intenables du type « je n'aurai plus jamais peur », qui faussent le VoC de départ et fragilisent l'ancrage en fin de séance. L'explication orale de ces distinctions prend du temps et laisse peu de traces. La fiche comble exactement ce manque en rendant la structure visible.
Ce que contient la fiche : quatre territoires, des paires NC/PC et deux échelles
La fiche organise les cognitions autour de quatre territoires : Responsabilité (défaut personnel, faute), Sécurité (vulnérabilité, danger), Contrôle (impuissance, absence de choix) et Valeur de soi (mérite, amour). Chaque territoire est illustré par des formulations verbatim, par exemple « Je suis défectueux.se », « Le monde n'est pas sûr », « Je ne mérite pas d'être heureux.se ». Ce découpage visuel permet au patient de localiser sa propre croyance par reconnaissance corporelle plutôt que par recherche intellectuelle : la fiche elle-même précise qu'« on ne cherche pas la croyance la plus vraie rationnellement, mais celle qui sonne juste émotionnellement ». Pour aller chercher cette phrase plus profondément, les outils de flèche descendante et de clarification d'une croyance profonde s'articulent bien en amont.
Un second panneau liste des paires NC/PC dans chaque territoire. Les correspondances restent délibérément modestes et plausibles : « J'ai des choix maintenant » plutôt qu'une réaffirmation héroïque. La fiche sur le remplacement d'une croyance négative peut compléter ce travail entre les séances.
La fiche présente également les deux échelles de mesure centrales au protocole : le SUDs (0 à 10, perturbation subjective du souvenir) et le VoC (1 à 7, validité perçue de la croyance positive). Les voir côte à côte sur un support visuel aide le patient à distinguer ce que chaque chiffre mesure, une source fréquente de confusion quand on les annonce verbalement. Une dernière section pointe les pièges fréquents : positive trop ambitieuse, fait confondu avec croyance, et réseau de souvenirs (la même NC relie souvent plusieurs scènes de vie distinctes).
> À retenir : la fiche n'est pas un questionnaire à remplir seul entre deux séances. C'est un support visuel que vous utilisez avec le patient pour rendre la distinction NC/PC immédiatement concrète, gagner du temps sur la phase de ciblage et lui laisser un repère écrit entre les sessions.
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Comment introduire la fiche et l'articuler au protocole
La fiche imprimable
La fiche s'intègre naturellement lors de la phase 3 (Assessment), avant d'installer la NC et la PC cibles. Une formulation possible : « Je vais vous montrer un schéma qui regroupe les types de phrases que les gens portent sur eux après un événement difficile. Regardons ensemble dans quel territoire votre phrase se situe. » Cette entrée est normalisante et évite d'étiqueter le patient.
Pour les tableaux de stress post-traumatique complexe, la section sur le réseau de souvenirs sert de point d'amorce pour cartographier les scènes liées avant de choisir le souvenir cible. Le modèle d'Ehlers & Clark reste un complément utile pour contextualiser le maintien du trouble chez les patients qui peinent à comprendre pourquoi le souvenir reste actif.
Le débrief se fait en fin de séance : demandez au patient de vérifier si la NC choisie « sonne encore juste dans le ventre », selon la formulation même de la fiche, et notez le VoC de départ pour le suivi. La fiche ne remplace pas le cadre clinique ; elle rend l'explication plus claire et laisse au patient une trace concrète pour revenir au travail.
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EMDR Europe Practice Sub-Committee (2013). EMDR Europe Accredited Practitioner Competency Based Framework. EMDR Europe.
EMDR International Association (EMDRIA) (2025). Eye Movement Desensitization and Reprocessing Therapy: Basic Principles, Protocols, and Procedures - Resource Entry. EMDRIA.
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