Restructuration par l'imagerie mentale : Fiche de travail PDF, outils et exercices pour la pratique clinique
Une fiche PDF visuelle pour expliquer la réimagination en séance, poser le cadre de sécurité et travailler honte, culpabilité et impuissance sur les images douloureuses.
Vignettes cliniques
Flashs intrusifs après humiliation scolaire
Contexte. L., 34 ans, consulte pour un état anxieux persistant et des flashs répétés liés à une scène d'humiliation publique vécue vers l'âge de neuf ans par un enseignant. La charge émotionnelle reste vive malgré plusieurs mois de suivi. Le clinicien propose une séance d'imagerie avec réécriture : L. entre dans la scène les yeux fermés, la décrit au présent depuis la position de l'enfant, puis le thérapeute lui suggère d'y faire entrer sa version adulte d'aujourd'hui. L. verbalise spontanément ce que cet adulte dit à l'enseignant, sort l'enfant de la classe et reste avec lui jusqu'à ce qu'il se sente en sécurité. En fin de séance, L. note une réduction nette de l'intensité du flash et formule, pour la première fois, que la honte appartenait à l'enseignant, non à l'enfant.
Image de soi figée après rejet parental
Contexte. M., 41 ans, présente une croyance centrale tenace de type « je suis défectueux » associée à un souvenir récurrent d'une scène d'abandon survenue dans l'enfance. Les restructurations cognitives verbales ont produit peu d'effet sur la charge affective de cette image. Le clinicien introduit la fiche de psychoéducation sur la réimagerie avec réécriture pour préparer la séance suivante, en expliquant que modifier la scène en imagination inscrit une nouvelle expérience émotionnelle sans effacer le souvenir factuel. Lors de la séance, M. entre dans la scène, décrit ce qu'il ressent dans le corps, puis invite un aidant imaginaire à intervenir : l'enfant est emmené ailleurs et entendu. La croyance reste présente mais M. rapporte une première fissure dans sa certitude, ce qui ouvre un travail de sens sur plusieurs séances ultérieures.
Expliquer oralement la réimagination en séance génère souvent la même résistance : le patient acquiesce de la tête, puis demande « mais pourquoi changer quelque chose qui s'est vraiment passé ? ». Cette fiche PDF répond exactement à cette incompréhension en rendant la logique de la technique visible, étape par étape, avant même de commencer.
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Pourquoi la réimagination résiste à l'explication orale
La difficulté n'est pas conceptuelle, elle est sensorielle. Quand vous décrivez la technique verbalement, le patient l'entend comme un exercice d'imagination créative, voire comme une falsification du passé. Ce qu'il ne saisit pas à l'oral, c'est la distinction entre le souvenir factuel (qui reste intact) et la charge émotionnelle inscrite dans ce souvenir (qui, elle, peut changer). La réimagination cible précisément cette charge, là où la simple narration du souvenir reste en surface.
La technique est aussi fréquemment confondue avec l'exposition répétée. Or, comme le formule la fiche, « l'exposition revisite la scène sans rien changer, pour réduire la peur. La réimagination modifie ce qui s'y passe » : elle est indiquée là où dominent la honte, la culpabilité, la colère ou l'impuissance, pas uniquement la peur. Cette nuance, difficile à tenir à l'oral, prend tout son sens sur un support visuel structuré. Elle s'articule naturellement avec le travail sur les schémas précoces inadaptés et sur la carence affective que ces images cristallisent souvent.
Ce que contient la fiche : un appui visuel pour structurer l'explication
La fiche se déploie en sept panneaux thématiques que vous pouvez parcourir avec le patient pendant la séance. Le premier pose les trois temps d'une séance : Revivre (entrer dans la scène au présent, à hauteur d'enfant, décrire ce qui est vu, entendu, ressenti dans le corps), Intervenir (quelqu'un modifie le cours de la scène, arrête, protège, dit la vérité) et Réconforter (« on prend l'enfant dans les bras, on lui explique que ce n'est pas sa faute »). Ce triptyque visuel montre ce que le discours seul ne montre pas : la progression logique entre activation émotionnelle, changement narratif et apaisement.
> À retenir : cette fiche PDF est un support visuel qui facilite l'explication de la réimagination en séance ; elle structure une technique complexe en trois temps lisibles et laisse au patient un repère concret à relire entre les séances, pas un exercice à remplir seul.
Les panneaux suivants précisent quelles images on travaille (souvenirs d'enfance, réactions post-traumatiques adultes, flashs intrusifs, image corporelle douloureuse, scènes futures redoutées), pourquoi l'imaginé agit comme le réel sur les circuits émotionnels, et qui entre dans la scène avec des exemples de figures aidantes. Un panneau entier liste les phrases-clés à dire à l'enfant intérieur : « Ce n'est pas ta faute », « Je suis là maintenant, tu n'es plus seul.e ». Ces formulations, visibles sur la fiche, font gagner un temps précieux en séance plutôt que d'être improvisées. Enfin, un dernier panneau aborde les inquiétudes fréquentes des patients (blocage, sentiment d'absurdité de la mise en scène, difficulté à visualiser), ce qui permet de les anticiper avant même qu'elles n'émergent.
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La fiche est pertinente dès que le patient rapporte une image ou un souvenir récurrent dont la charge ne diminue pas malgré le travail narratif, et que l'émotion dominante n'est pas la peur mais la honte, la culpabilité ou l'impuissance. On la retrouve en première ligne dans la thérapie des schémas (Young, Klosko & Weishaar, 2003), mais aussi dans les prises en charge du TSPT et des mémoires traumatiques quand l'EMDR n'est pas indiqué ou pas encore introduit. Elle complète bien la psychoéducation sur les cognitions EMDR et sur le schéma de honte ou d'abandon.
Le bon moment pour l'introduire : après plusieurs séances d'anamnèse et une alliance solide, jamais en première rencontre. Proposez-la avec une formulation du type : « Je voudrais vous montrer une fiche qui explique une technique que j'utilise en séance. On va la regarder ensemble avant d'en parler, pour que vous puissiez poser toutes vos questions. » Parcourez les panneaux en séance, laissez le patient s'arrêter sur le panneau des inquiétudes, et vérifiez que les techniques d'ancrage sont bien disponibles avant d'envisager la mise en pratique. Chez les patients très dissociatifs, commencez par une image périphérique, jamais par le souvenir le plus chargé.
La fiche ne remplace pas le cadre thérapeutique ; elle rend l'explication plus claire et laisse au patient un repère concret sur lequel s'appuyer entre les séances.
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