TCD Compétence DEAR MAN : Fiche de travail, outils et exercices PDF
Une fiche PDF structurée en 7 étapes, des outils cliniques et des exercices concrets pour travailler la formulation de demandes et de refus assertifs en séance.
Vignettes cliniques
Refuser une surcharge au travail
Contexte. M., 34 ans, suivi pour une dysrégulation émotionnelle et un pattern d'évitement des conflits, rapporte ne pas savoir refuser les demandes de sa responsable sans finir par s'excuser longuement ou céder. En séance, le clinicien lui présente la fiche DEAR MAN et travaille avec lui la structure lettre par lettre à partir d'une situation concrète : une réunion imposée sur son jour de repos. M. rédige d'abord la trame par écrit, identifie le moment où il a tendance à « mordre à l'hameçon » lors des contre-arguments, et répète la reformulation en disque rayé par jeu de rôle. À la semaine suivante, il indique avoir décliné la réunion en maintenant sa demande deux fois de suite, sans s'excuser ni escalader. Il note que le fait d'avoir un script préparé avait réduit l'anticipation anxieuse avant l'échange.
Demander un ajustement au conjoint
Contexte. L., 28 ans, adressée pour des traits de personnalité borderline, décrit des cycles répétés où une demande non formulée se transforme en crise après plusieurs jours de rumination silencieuse. Le clinicien introduit DEAR MAN comme outil de structuration, en soulignant la distinction entre exprimer un ressenti (étape E) et formuler une demande précise (étape A), distinction que L. confond habituellement. Le travail en séance porte sur la posture et le ton (étape « avoir l'air assuré.e »), car L. chuchote et rit nerveusement dès qu'elle aborde un besoin. Elle rapporte deux semaines plus tard avoir initié une conversation avec son conjoint sur la répartition des tâches ; la demande n'a pas abouti immédiatement, mais la conversation est restée calme et s'est conclue par une négociation partielle. Le clinicien note que l'absence de crise post-échange constitue déjà un écart significatif par rapport au pattern habituel.
En consultation, expliquer DEAR MAN à l'oral suffit rarement : le patient acquiesce, retient vaguement « l'idée de sept étapes », et repart sans grille pour préparer la vraie conversation qui l'attend. Cette fiche PDF est un support visuel conçu pour que le praticien déroule la méthode en séance, lettre par lettre, et remette au patient un repère concret à consulter avant l'échange redouté.
Utilisez cette ressource avec vos patients
Fiche, exercices et supports prêts à l'emploi, directement dans SessionFuel.
La compétence DEAR MAN, issue du protocole DBT de Linehan (1993, 2014), cible l'efficacité interpersonnelle : formuler une demande ou poser un refus sans sacrifier la relation ni l'image de soi. Sur le papier, sept lettres semblent simples. En pratique, plusieurs résistances apparaissent en séance.
La première est séquentielle : les patients sautent directement au A (Affirmer) sans poser D et E, ce qui rend la demande abrupte et déclenche de la défensivité chez l'interlocuteur. La deuxième est posturale : même quand le fond est construit, le second A (Avoir l'air assuré·e) sabote tout, voix qui chuchote, sourire d'excuse, regard fuyant. La troisième résistance est la confusion entre fermeté et agressivité, fréquente chez les patients présentant un évitement interpersonnel ou un schéma d'abandon activé en relation.
Le praticien qui explique DEAR MAN oralement se retrouve souvent à reformuler les mêmes points d'une séance à l'autre, sans que la structure s'ancre. Le support visuel change la dynamique : il donne une architecture visible, référençable, et libère du temps de séance pour travailler les obstacles propres au patient.
Ce que contient la fiche : un appui visuel pour chaque étape
La fiche se déploie en cinq panneaux complémentaires, tous fondés sur le cadre DBT.
Le premier présente les 7 lettres une à la fois, avec pour chacune une courte définition clinique et un exemple verbatim en situation réelle. On y lit notamment : « Garder le cap. Si l'autre dévie, attaque ou culpabilise, ne pas mordre à l'hameçon » (lettre M), avec la technique du disque rayé explicitée : reformuler calmement la même demande, autant de fois que nécessaire. Ce repère visuel aide à distinguer fermeté et escalade, là où le discours oral peine à le montrer.
Le deuxième panneau précise les situations cibles et les trois échecs typiques que la méthode évite : évitement de la conversation, cession sous pression, explosion agressive. Le troisième liste les pièges fréquents, dont un sous-estimé en clinique : « Mesurer la réussite au résultat » est une erreur, car on peut exécuter un DEAR MAN parfait et recevoir un non, ce qui reste une réussite d'exécution.
Le quatrième panneau propose un exemple intégralement travaillé, demander à un·e collègue de ne plus interrompre en réunion, lettre par lettre, que vous lisez avec le patient pour montrer concrètement comment les étapes s'enchaînent. Enfin, un canevas de préparation en sept questions permet au patient de structurer par écrit sa propre conversation avant de la mener, à utiliser en autonomie entre les séances.
> À retenir : la fiche n'est pas un questionnaire à remplir seul ; c'est un support visuel qui facilite l'explication de DEAR MAN en séance et laisse au patient une architecture concrète pour préparer la prochaine conversation difficile.
Bibliothèque clinique
+600 outils cliniques
Une bibliothèque pensée avec et pour des cliniciens, prête à intégrer en séance et à prolonger entre les rendez-vous.
La fiche s'intègre naturellement dès que le patient mentionne une conversation qu'il évite depuis plusieurs jours, une situation où il cède systématiquement, ou une interaction qui finit en escalade. Elle est particulièrement indiquée dans les prises en charge où l'affirmation de soi est un axe central : trouble de la personnalité borderline, anxiété sociale, faible estime de soi, contextes de surcharge liée à l'incapacité à dire non.
Pour l'introduire sans étiqueter le patient, une formulation possible : « On va regarder ensemble une méthode en sept étapes pour ce type de situations. » Parcourez les lettres en vous appuyant sur le panneau visuel, lisez l'exemple de la réunion pour ancrer le concret, puis remettez la fiche en fin de séance.
Le débrief porte idéalement sur trois points : quelle lettre pose le plus de difficulté (souvent M ou le second A), quel obstacle le patient anticipe chez son interlocuteur, et comment il conçoit la réussite (résultat vs exécution). Ce dernier point connecte directement avec le travail sur les croyances fondamentales négatives et les schémas de quête d'approbation.
La fiche ne remplace pas l'analyse fonctionnelle ni le travail sur les schémas sous-jacents ; elle rend l'explication plus efficace et donne au patient une structure utilisable dès la semaine suivante.
Utilisez-la avec vos patients
Partagez cet outil dans l'application mobile et suivez le travail entre les séances.
Fiches, exercices, programmes et audios ci-dessus : vous choisissez ceux que vous rendez disponibles à vos patients, dans l'application mobile qui leur est dédiée.