STOP : Mettre fin aux conversations avec assurance, fiche PDF, outils et exercices
Une fiche PDF visuelle pour enseigner la méthode STOP en séance : repérer, dire, proposer, tenir, outils et exercices concrets pour l'assertivité.
Vignettes cliniques
STOP face à une dispute conjugale cyclique
Contexte. M., 38 ans, consulte pour des difficultés de régulation émotionnelle dans son couple ; il décrit des disputes nocturnes qui s'étirent sans résolution et le laissent épuisé le lendemain. La fiche STOP est introduite en séance comme support psychoéducatif, et le clinicien lui propose de repérer d'abord les signaux corporels qui indiquent qu'une conversation tourne en rond (poitrine serrée, voix qui monte). Lors d'un échange houleux la semaine suivante, M. reconnaît ces signaux et prononce une phrase courte : « Je pense qu'on ne va pas avancer ce soir, je préfère qu'on s'arrête. » Son partenaire insiste ; M. répète la même formule sans l'étoffer, puis quitte la pièce. En séance, il rapporte un ressentiment moindre qu'à l'habitude et note que la discussion reprise le lendemain matin a été plus courte et moins chargée.
Clôturer un appel téléphonique intrusif
Contexte. L., 52 ans, suivie pour un trouble anxieux généralisé, évoque une relation avec sa mère marquée par des appels fréquents qui dérivent vers des reproches ; elle cède systématiquement par crainte de paraître froide. Le clinicien utilise la fiche pour distinguer les trois styles de réponse (passif, agressif, affirmé) et L. identifie aussitôt son fonctionnement habituel dans la colonne passive. Elle formule en séance une phrase d'arrêt en « je » : « Je sens qu'on tourne en rond, je vais raccrocher et on pourra en reparler demain. » À la mise en pratique, la mère proteste ; L. répète la phrase une seule fois, raccroche, et note une anxiété initiale suivie d'un sentiment de cohérence qu'elle décrit comme inhabituel. Le travail suivant porte sur la croyance identifiée lors du débriefing : « Si je pars, j'ai perdu. »
Savoir mettre fin à une conversation qui tourne en boucle est l'une des compétences assertives les plus difficiles à transmettre en séance. Les patients comprennent le principe ; ils ne trouvent pas les mots au moment critique. Cette fiche PDF offre un appui visuel structuré pour rendre la méthode STOP concrète, mémorisable et praticable dès la séance suivante.
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Pourquoi clôturer une conversation résiste à l'explication orale
Quand vous expliquez à l'oral qu'un patient peut « simplement arrêter une discussion improductive », trois freins cognitifs automatiques s'activent simultanément, sans que le patient les nomme clairement : la peur de passer pour quelqu'un d'impoli, l'anticipation paralysante de la réaction de l'autre, et la lecture de l'échange comme une compétition à ne pas perdre. Ces freins sont décrits mot pour mot dans la fiche sous les formulations « Je vais passer pour quelqu'un de grossier », « Ça va l'énerver encore plus » et « Si je pars, j'ai perdu ».
Sans support visuel, le patient ressort avec une intention mais sans script. La fiche remplace l'intention floue par un protocole en quatre étapes, illustré par des exemples de langage corporel et des phrases-types qu'il peut relire entre les séances. C'est la différence entre comprendre et disposer d'un repère concret.
Ce que contient la fiche : un support visuel pour expliquer STOP en séance
La fiche se déploie en six panneaux que vous parcourez avec le patient pendant la séance, comme un fil conducteur de psychoéducation.
Panneau 1 : les trois styles (passif, agressif, affirmé). Un tableau comparatif montre, pour chaque style, la voix, le corps et ce qui se passe après. Le contraste visuel rend immédiatement perceptible pourquoi le style affirmé-STOP préserve à la fois la limite et le lien.
Panneau 2 : les quatre étapes S-T-O-P. Spot (repérer les signaux physiques), Tell (nommer qu'on s'arrête), Offer (proposer une suite, si utile), Persist (répéter calmement sans broder). Chaque étape est accompagnée d'une phrase-modèle verbatim : « Je ne pense pas qu'on avance, mettons cette conversation en pause. »
Panneau 3 : les trois freins automatiques et leur recadrage cognitif succinct.
Panneau 4 : quatre principes d'efficacité, dont le pivot du message en « je » illustré par le contraste « Tu ne m'écoutes pas » versus « Je n'ai pas l'impression qu'on avance ». Ce panneau sur le message en « je » rejoint directement ce que vos patients travaillent dans les exercices de communication assertive.
Panneau 5 : cinq situations types (dispute de couple, proche intrusif, collègue qui crie, échange en ligne, refus relancé), pour ancrer la méthode dans du concret vécu.
Panneau 6 : tâches intersession et amorces de discussion. Le patient est invité à revisiter une situation de la semaine, à rédiger la phrase qu'il aurait dite à chaque étape S, T, O, P, puis à s'entraîner à voix haute devant un miroir.
> À retenir : la fiche n'est pas un formulaire à remplir seul. C'est un support visuel que vous utilisez en séance pour rendre la méthode STOP audible, mémorisable et rattachée à des situations réelles du patient, avant qu'il reparte avec le document comme repère.
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La fiche s'intègre naturellement dès la phase d'acquisition des compétences assertives, une fois que le patient a commencé à identifier son style de communication dominant. Elle complète utilement la fiche sur les styles de communication ou la fiche CALM pour tenir une demande assertivement, en ajoutant le scénario précis de la clôture.
Elle est particulièrement indiquée pour les patients qui présentent une difficulté à poser des limites relationnelles (schéma d'abnégation, hyperresponsabilité), une peur de l'abandon qui rend chaque fin de conversation menaçante, ou encore un profil passif-agressif qui évite le conflit direct puis explose. Elle s'articule bien avec les travaux sur les limites relationnelles et sur l'affirmation de soi face à l'agressivité.
Pour l'introduire sans étiqueter, vous pouvez simplement dire : « On a parlé de ces conversations qui tournent sans fin. J'ai un outil qui découpe ça en quatre gestes très concrets, on le regarde ensemble ? » Parcourez ensuite les panneaux 1 et 2 en séance, demandez au patient d'identifier sa situation dans le panneau 5, puis débrief sur les freins du panneau 3 en les reliant à ses pensées automatiques habituelles. Le panneau sur les messages en « je » peut être revu à cette occasion avec la fiche sur les droits assertifs.
Une limite à garder en tête : chez les patients dont l'évitement est très rigide ou dont le contexte relationnel est marqué par une dynamique de violence, la fiche introduit des comportements qui méritent d'être exposés progressivement, pas prescrits d'emblée. La fiche ne remplace pas le cadre thérapeutique ; elle rend l'explication plus claire et laisse au patient un repère concret à portée de main.
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Alberti, R. E., Emmons, M. L. (2017). Your Perfect Right: Assertiveness and Equality in Your Life and Relationships (10th ed.). New Harbinger Publications.
Smith, M. J. (1975). When I Say No, I Feel Guilty. Doubleday.
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