ACCEPTS Tolérance à la Détresse : Fiche de travail, outils et exercices PDF
Une fiche PDF visuelle pour expliquer en séance les sept compétences ACCEPTS de Linehan et équiper vos patients d'outils concrets face aux vagues émotionnelles intenses.
Vignettes cliniques
ACCEPTS après une dispute familiale
Contexte. M., 34 ans, suivi en thérapie comportementale dialectique pour une dysrégulation émotionnelle marquée, rapporte en séance une altercation violente avec sa mère survenue trois jours plus tôt. Il décrit avoir ressenti une impulsion intense de se scarifier, à laquelle il a finalement résisté sans trop savoir comment. Le clinicien introduit la fiche ACCEPTS et invite M. à reconstituer rétrospectivement ce qu'il avait fait ce soir-là : il avait mis une vidéo de cuisine longue et technique, puis envoyé un message à un ami. Ensemble, ils identifient deux lettres du mnémonique, « Activités » et « Contribuer », et M. reconnaît que la vague était retombée avant qu'il ne s'en aperçoive. La fiche est remise pour servir d'aide-mémoire les prochaines fois, avec consigne d'y annoter les stratégies qui ont fonctionné pour lui.
Gestion d'une montée dissociative en transport
Contexte. L., 27 ans, consulte pour un trouble de stress post-traumatique ; elle signale des épisodes de déréalisation dans les transports en commun qui l'ont conduite à éviter progressivement le métro. Lors d'une séance axée sur la tolérance à la détresse, la clinicienne présente la fiche ACCEPTS et s'attarde sur la lettre « T » (sensations corporelles intenses) et la lettre « E » (émotions opposées). L. choisit d'essayer de tenir un glaçon dans la main lors du prochain trajet, et de passer une liste de lecture musicale associée à des souvenirs positifs. À la séance suivante, elle rapporte que la dissociation a été moins prolongée ; la clinicienne souligne que l'objectif n'est pas de supprimer l'inconfort mais de traverser la vague sans renforcer l'évitement. Le travail se poursuit sur la régulation émotionnelle de fond, ACCEPTS restant réservé aux moments de débordement aigu.
En séance, expliquer les compétences ACCEPTS à l'oral suffit rarement : le patient note la liste des sept lettres, acquiesce, puis ne sait plus quoi faire pendant la crise. Cette fiche PDF sert de support visuel pour ancrer la notion en séance, poser un vocabulaire commun et remettre au patient un repère qu'il peut consulter seul quand la détresse monte.
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Le protocole de Linehan (1993) repose sur une distinction précise entre tolérance à la détresse et évitement expérientiel, mais c'est exactement là que beaucoup de patients décrochent. Entendu à l'oral, ACCEPTS ressemble à une liste de distractions, voire à une injonction de ne pas ressentir. Deux confusions reviennent systématiquement : confondre les compétences ACCEPTS avec de l'évitement comportemental, et croire qu'elles fonctionnent à n'importe quel niveau de détresse.
La seconde difficulté tient à la généralité. « Faire une activité » ne déclenche aucun comportement en pleine crise. Sans exemples précis, adaptés à la vie du patient et répétés à froid, la compétence reste théorique. C'est précisément le problème que la fiche adresse, visuellement et concrètement.
Ce que contient la fiche ACCEPTS : un appui visuel pour rendre la vague compréhensible
La fiche structure le concept en cinq panneaux progressifs, tous grondés dans la formulation originale de Linehan.
Le premier panneau s'ouvre sur une courbe d'intensité émotionnelle annotée : montée, pic à « 20-30 min », retombée spontanée si l'émotion n'est pas nourrie. Ce schéma fait le travail que le discours ne fait pas seul : il montre au patient que la vague a une durée finie, et situe la « zone ACCEPTS » comme l'intervalle à traverser, pas à fuir.
Le deuxième panneau développe les sept lettres avec, pour chacune, une définition clinique courte et deux à trois exemples précis et contextualisés : Activités (« cuisiner une recette précise »), Contribuer, Comparer, Émotions opposées, Mettre à distance (visualiser l'émotion « dans une boîte scellée »), Occuper le mental (compter à rebours de 1000 par 7), Sensations (glaçon, douche froide). Ces exemples concrets sont ce qui manque le plus quand on explique ACCEPTS à l'oral.
Les panneaux suivants couvrent trois points souvent négligés : la personnalisation à froid (« une liste générique ne marche pas dans le feu de l'action »), les distinctions avec les compétences TIPP (pour une détresse à 8-10/10, quand réfléchir n'est plus possible) et l'auto-apaisement (plus doux, axé sur les cinq sens), et enfin des phrases d'auto-instruction prêtes à l'emploi. La fiche précise le niveau de détresse cible : ACCEPTS marche mieux à 5-8/10, une nuance clinique que le patient retient difficilement sans support écrit.
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication en séance ; elle ne remplace pas le travail thérapeutique, elle rend la notion d'ACCEPTS claire, différenciée des stratégies d'adaptation nocives, et laisse au patient un repère concret à consulter hors séance.
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La fiche s'intègre naturellement après avoir posé la psychoéducation sur la régulation émotionnelle et sur le système nerveux autonome, souvent en deuxième ou troisième séance dans un protocole DBT, ou dès la phase de stabilisation avec des patients présentant une impulsivité élevée, une peur de l'abandon ou un niveau élevé d'évitement anxieux.
Pour l'introduire sans étiqueter le patient, une formulation utile : « Je vais vous montrer comment certaines personnes font pour tenir pendant les dix minutes les plus dures, avant que l'émotion redescende d'elle-même. » Montrez d'abord la courbe en commentant le pic et la durée, puis parcourez les sept lettres en demandant au patient de pointer deux ou trois options qui lui semblent faisables dans ses contextes réels.
Le débrief porte sur trois points : identifier quelle lettre correspond à quel contexte (train, travail, soirée seul), s'assurer que les options choisies sont suffisamment précises, et planifier un entraînement à froid avant d'utiliser la compétence en situation de crise. La fiche elle-même comporte une section « À discuter en séance » qui liste ces axes, ce qui facilite le débrief sans que vous ayez à tout reformuler.
Deux limites méritent d'être nommées : si la détresse est déjà à 9-10/10, réorientez d'abord vers les outils DBT de crise intense (TIPP en priorité). Et si vous observez qu'ACCEPTS devient un mode d'évitement systématique des émotions plutôt qu'un outil de traversée, c'est un point de travail thérapeutique à part entière, que la fiche elle-même signale explicitement.
La fiche ne se substitue pas au cadre ; elle rend l'explication plus claire et laisse au patient une carte d'options concrètes pour traverser la vague.
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