Réponses à la Menace (Figement, Apaisement, Fuite, Combat) : Fiche de travail PDF, Outils et Exercices
Une fiche PDF visuelle pour expliquer en séance les quatre programmes de survie du corps, réduire la honte et poser un vocabulaire commun avec vos patients.
Vignettes cliniques
Figer sans comprendre pourquoi
Contexte. M., 34 ans, consulte pour un état de stress post-traumatique à la suite d'une agression physique. Il exprime une honte tenace : au moment des faits, il n'a pas bougé, n'a pas crié, et interprète cette immobilité comme une preuve de lâcheté. Le clinicien introduit la fiche sur les quatre réponses de survie et explique que le figement est un programme neurobiologique automatique, activé lorsque fuir ou combattre paraissent impossibles ou trop coûteux. M. relit lentement la section sur le figement, marque une pause, puis dit : « Donc mon corps a fait quelque chose, ce n'est pas moi qui ai abandonné. » La séance suivante, il rapporte que la honte a légèrement diminué, ce qui ouvre un espace pour travailler sur les cognitions associées.
Apaiser l'agresseur, pas consentir
Contexte. F., 41 ans, suit une psychothérapie après plusieurs années dans une relation conjugale violente. Elle revient régulièrement sur un épisode précis où elle avait souri et acquiescé durant une scène de violence verbale, ce qu'elle désigne comme une « trahison de soi ». Le clinicien propose la fiche et situe l'apaisement dans sa logique de survie : réduire l'intensité de la menace quand l'auteur est proche et que les autres options sont bloquées. F. identifie les éléments corporels décrits, posture recroquevillée, voix adoucie, regard fuyant, et les reconnaît comme les siens à ce moment-là. Cette mise en mots permet de distinguer, pour la première fois de façon stable, la réponse automatique du consentement, distinction qui servira de point d'appui pour la suite du travail sur l'estime de soi.
En consultation post-traumatique, expliquer oralement pourquoi un patient n'a pas crié, n'a pas fui, ou a souri à son agresseur suffit rarement : la honte tient bon, et la notion de réponse automatique reste abstraite. Cette fiche PDF fournit un support visuel conçu pour rendre les quatre programmes de survie immédiatement lisibles en séance, sans que vous ayez à construire le raisonnement de zéro à chaque fois.
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Pourquoi figer et apaiser résistent à l'explication orale
La difficulté n'est pas cognitive : vos patients comprennent intellectuellement que le corps réagit. Le problème, c'est que la compréhension ne dissout pas la honte. Tant que figer et apaiser ne sont pas nommés comme des réponses aussi légitimes que fuir ou combattre, le patient continue de vivre dans le registre du « j'aurais dû ». La culture valorise le combat et la fuite ; les deux autres programmes sont culturellement invisibles, ce qui entretient une dissonance entre l'expérience réelle et le récit que le patient se fait de lui-même.
Ce biais de sélection culturelle est précisément ce qu'une explication verbale seule peine à corriger. Un schéma visuel posant les quatre réponses sur un même plan change la balance perceptuelle bien plus vite qu'un développement oral. C'est ce que fait la fiche, et c'est sa force clinique principale. Elle s'intègre naturellement avec la fiche sur le système nerveux autonome et avec les réactions post-traumatiques, qui complètent le tableau neurobiologique.
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Ce que contient la fiche : quatre programmes de survie mis à plat
La fiche est structurée en huit panneaux, tous grondés dans la biologie plutôt que dans le choix moral. Les panneaux 1 à 4 décrivent les quatre programmes : figer (se rendre invisible), apaiser (calmer la menace), fuir (échapper), combattre (repousser). Pour chaque réponse, la fiche distingue la logique adaptative, les signes précoces, les manifestations corporelles et les états d'esprit associés. Cette granularité permet au patient de se reconnaître précisément plutôt que de rester dans un vague inconfort.
Le panneau 3 explique comment le cerveau évalue en quelques millisecondes trois paramètres : possibilité de fuir, possibilité de combattre, ou aucune des deux. La fiche mentionne explicitement que « une réponse peut basculer en une autre », ce qui contrecarre les étiquettes figées. Le panneau 4 contextualise les situations où apaiser ou figer est la seule réponse adaptative : enfance face à un parent violent, agression sexuelle, captivité, harcèlement au travail, violence conjugale.
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication des quatre programmes de survie directement en séance ; elle n'est pas un questionnaire à remplir seul, mais un point d'appui que le clinicien parcourt avec le patient pour poser un vocabulaire commun et réduire la honte à la source.
Le panneau 5 liste cinq reformulations que le patient peut s'approprier, dont « Ce n'est pas de la lâcheté, c'est de la biologie », utile pour débriefer dès la fin de séance. Le panneau 6 identifie les comportements honteux qui maintiennent la souffrance, un pont direct vers le travail sur le schéma de honte ou sur la mémoire traumatique. Les panneaux 7 et 8 couvrent la descente physiologique post-danger et les soins immédiats, complémentaires des techniques d'ancrage et de la régulation du système nerveux.
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La fiche convient dès que la honte ou l'incompréhension de sa propre réaction bloque le travail thérapeutique. En pratique, elle s'intègre bien en deuxième ou troisième séance, une fois l'alliance suffisamment posée, avant d'entrer dans le détail de la formulation. Elle est particulièrement indiquée dans les prises en charge de TSPT, de TSPT complexe, de violences conjugales (voir le cycle de la violence) ou de traumatismes d'enfance. Elle prépare bien un travail EMDR : les cognitions négatives EMDR liées à la honte (« Je suis lâche », « J'étais complice ») trouvent souvent leur origine dans une mécompréhension des réponses de figer ou d'apaiser.
Pour l'introduire, vous pouvez dire : « Je voudrais vous montrer quelque chose sur ce que le corps fait automatiquement face au danger. C'est souvent utile pour comprendre des réactions qu'on ne s'explique pas. » Parcourez la fiche ensemble, panneau par panneau, en invitant le patient à s'arrêter sur ce qu'il reconnaît. Le débrief porte naturellement sur le panneau 5 : quelle reformulation résonne ? Laquelle semble encore impossible à croire ? C'est là que le vrai travail commence.
Seule limite à signaler : chez les patients présentant une dissociation importante, la section sur le figement prolongé peut réactiver des vécus somatiques. Couvrez d'abord les ressources de stabilisation, dont la fiche sur les réactions post-traumatiques chez l'enfant et l'adolescent pour les prises en charge pédiatriques.
La fiche ne remplace pas la formulation clinique, mais elle réduit le temps d'explication, pose un vocabulaire partagé et laisse au patient une trace concrète pour travailler entre les séances.
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