Repérer un exilé (IFS) : Fiche d'exercices PDF, outils et exercices
Une fiche PDF visuelle sur le modèle IFS pour expliquer les parts exilées, leurs protecteurs et la pratique du repérage en séance avec vos patients.
Vignettes cliniques
Réaction disproportionnée en séance
Contexte. M., 38 ans, consulte pour un épuisement professionnel. En séance, il décrit une remarque banale de sa responsable et sa voix se brise de façon inattendue, le surprenant lui-même. Le clinicien ralentit et lui propose de porter attention à ce qui vient de se produire à l'intérieur, sans chercher à l'expliquer tout de suite. M. repère une sensation de vide dans la poitrine et une impression d'être « redevenu très petit ». Cette reconnaissance suffit à ouvrir un espace de curiosité plutôt que de honte, et la séance peut s'orienter vers la part qui vient de se signaler.
Engouissement soudain lors d'un conflit
Contexte. L., 44 ans, évoque des disputes récurrentes avec son partenaire au cours desquelles elle se fige et ne trouve plus ses mots. La clinicienne lui présente la fiche de psychoéducation et lui demande ce qu'elle remarque dans son corps au moment du figement. L. identifie un ventre noué et l'image d'une enfant qui attend derrière une porte close. La clinicienne nomme la possibilité qu'un protecteur, l'engouissement, entre en scène pour tenir à l'écart une part plus ancienne. L. accueille cette lecture sans résistance marquée ; le simple fait de nommer la part réduit légèrement la charge émotionnelle associée au souvenir du conflit.
Quand un patient réagit de façon disproportionnée à un message non répondu ou s'effondre sur un ton sec, l'explication verbale du modèle IFS reste souvent abstraite : la notion de part exilée glisse sans s'ancrer. Cette fiche PDF sert d'appui visuel pour rendre cette architecture intérieure lisible dès la séance, et donner au patient un vocabulaire concret qu'il pourra réutiliser seul.
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Fiche, exercices et supports prêts à l'emploi, directement dans SessionFuel.
Pourquoi les exilés résistent à l'explication orale
Le concept central de l'Internal Family Systems (Schwartz, 1995) repose sur une distinction que les patients saisissent mal à l'oral : celle entre la part qui souffre (l'exilé) et la part qui la cache (le protecteur). Sans support, les deux se confondent. Le patient qui croit « gérer sa colère » ne voit pas encore qu'une stratégie de contrôle masque une détresse beaucoup plus ancienne. À l'oral, la séquence déclencheur → exilé touché → protecteur entre en scène → réaction automatique reste une formule ; sur une fiche, elle devient un circuit traçable.
Autre résistance fréquente : le patient a tendance à s'identifier à la part plutôt qu'à l'observer. Il dit « je suis nul » là où le modèle IFS proposerait « une part de moi se sent nulle ». Ce décalage de langage, minuscule en apparence, est cliniquement décisif, et il ne s'installe pas sans un support qui le montre explicitement. Pour les patients présentant un schéma d'abandon ou une carence affective précoce, la rencontre avec cette notion peut être intense ; avoir quelque chose à montrer plutôt qu'à dire change l'économie de la séance.
Ce que contient la fiche : un support visuel pour cartographier le système intérieur
La fiche structure six panneaux, tous exploitables en séance.
Le système intérieur en trois familles : exilés, protecteurs et Soi adulte, décrits par leur rôle, leurs stratégies et leurs limites. La colonne Soi adulte précise « curiosité, douceur, calme » et « reconnaître une part sans devenir cette part », ce qui ancre immédiatement la posture attendue du patient.
Les signes qu'un exilé vient d'être touché : deux colonnes distinctes (côté émotion, côté corps) permettent de pointer concrètement ce que le patient a vécu. L'item « impression d'être téléporté à un autre âge » déclenche souvent une reconnaissance immédiate là où l'explication orale de la régression restait abstraite.
Un exemple narratif complet : la soirée annulée, décomposée en situation / exilé touché / protecteur / phrase de repérage. Ce panneau sert de modèle avant de passer à la pratique réelle du patient, sans qu'il ait à produire un effort de traduction conceptuelle.
La pratique du repérage en 6 temps : six étapes numérotées, de la notation de la situation jusqu'au « mot d'adulte » final. L'étape 5 (« laisser venir un chiffre sans réfléchir, parfois 4 ans, parfois bébé ») est souvent le moment où quelque chose se déplace en séance.
Cinq phrases intérieures : « Je te vois », « Tu n'es plus seul là-dedans », etc. Elles donnent une langue à l'approche bienveillante avant que le patient l'ait intégrée de lui-même.
Ce que ce travail n'est pas : un encadré de précautions précise que le but est uniquement de remarquer, non de plonger dans la douleur. Ce panneau est utile à montrer explicitement aux patients dissociatifs ou présentant un vécu post-traumatique.
> À retenir : la fiche n'est pas un devoir à remplir seul. C'est un support visuel qui facilite l'explication du modèle IFS en séance : le praticien la déroule avec le patient, pointe les cases, lit les phrases ensemble, et laisse une trace concrète à emporter.
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La fiche s'intègre naturellement à partir de la deuxième ou troisième séance, une fois que la plainte principale est posée et que vous avez commencé à repérer des réactions automatiques récurrentes. Elle est particulièrement indiquée pour les patients qui présentent une forte réactivité aux déclencheurs émotionnels, des schémas précoces inadaptés, ou dont le discours oscille entre surgénéralisation identitaire (« je suis comme ça ») et sidération.
Pour l'introduire sans étiqueter, vous pouvez dire : « Je voudrais vous montrer une façon de comprendre ce qui s'est passé mercredi. Regardons ça ensemble. » Vous pointez la séquence du panneau 1, vous situez ensemble le déclencheur décrit par le patient dans le panneau 2, puis vous passez à l'exemple de la soirée annulée comme tremplin vers son propre vécu.
Le débrief porte sur un seul point : le patient a-t-il pu se placer en observateur, ou a-t-il fusionné avec la part ? Si la honte surgit au moment du repérage, ou si une part s'énerve contre la part exilée, la fiche le prévoit explicitement dans sa section « À discuter en séance », ce qui facilite la nomination du phénomène sans l'interpréter prématurément. Vous pouvez articuler ce travail avec la fiche sur les parts intérieures IFS ou le point de départ IFS selon l'avancement de la prise en charge. Pour les patients pour lesquels la honte est centrale, le lien avec la fiche sur le schéma de honte s'établit naturellement dans les séances suivantes.
En cas de montée trop forte au moment du repérage, les techniques d'ancrage sensoriel restent le filet de sécurité prioritaire avant de reprendre le travail sur la part. La fiche le rappelle elle-même : remarquer n'est pas s'immerger.
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