Binge Eating Scale (BES)

La Binge Eating Scale (BES) est un outil de référence conçu pour évaluer la sévérité de l'hyperphagie boulimique chez les patients adultes, notamment en…

Binge Eating Scale (BES)
Questions
16
Durée
10 min
Titre original
BES — Binge Eating Scale
Adaptation
Binge Eating Scale (BES)
Auteurs
Gormally, J., Black, S., Daston, S., & Rardin, D.
Création
1982

La Binge Eating Scale (BES) est un outil de référence conçu pour évaluer la sévérité de l'hyperphagie boulimique chez les patients adultes, notamment en situation d'obésité. Contrairement à de simples carnets alimentaires, cette échelle validée permet au clinicien de quantifier l'intensité des accès hyperphagiques en capturant à la fois les comportements (quantité, rapidité, repas en cachette) et les cognitions associées, comme la perte de contrôle ou le sentiment de détresse. Face aux troubles alimentaires compulsifs, la passation répétée de ce questionnaire offre une mesure objective de l'évolution des symptômes.

Ce questionnaire de 16 items aide à distinguer la simple suralimentation d'une véritable pathologie des conduites alimentaires. En pratique clinique, il met en lumière les pensées dichotomiques, la culpabilité intense et les boucles de cycles vicieux qui maintiennent la perte de contrôle. Bien qu'il ait été initialement développé pour les populations candidates à la chirurgie bariatrique, il est aujourd'hui incontournable dans le repérage de l'hyperphagie et de la boulimie en thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

Exemple de résultat

Résultat fictif, calculé à partir d'un jeu de réponses d'exemple.

Score global
24/ 46
L'Échelle d'hyperphagie boulimique (BES) est un auto-questionnaire de 16 items conçu pour identifier et quantifier la sévérité des symptômes d'hyperphagie boulimique. Initialement développé chez des adultes présentant une obésité, il évalue à la fois les manifestations comportementales des épisodes d'accès hyperphagiques (quantité consommée, vitesse d'ingestion, sensation de réplétion) et les vécus cognitivo-émotionnels associés (perte de contrôle, culpabilité, honte, préoccupation envers la nourriture, dégoût de soi). Il est utilisé en psychologie clinique, psychiatrie, nutrition et dans les bilans pré-chirurgie bariatrique pour le dépistage, l'évaluation de la sévérité initiale et le suivi de l'évolution sous traitement.
0–17
Hyperphagie boulimique faible
18–26
Hyperphagie boulimique légère à modérée
24
27–46
Hyperphagie boulimique sévère
Reflétant un niveau modéré de comportements d'hyperphagie boulimique.
Cotation
Somme des points pour les affirmations sélectionnées, score total de 0 à 46, la cotation des réponses varie selon l'item (voir les questions individuelles).

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Ce que mesure le test

La BES évalue la sévérité de l'hyperphagie boulimique en mesurant deux composantes cliniques principales : l'aspect comportemental des crises et l'expérience cognitive et émotionnelle qui les accompagne.

  • Perte de contrôle : le sentiment d'impuissance face aux pulsions alimentaires et l'incapacité à s'arrêter de manger.
  • Détresse émotionnelle : la culpabilité, le dégoût de soi et la honte qui alimentent la boucle de maintien de la boulimie ou de l'hyperphagie.
  • Altération intéroceptive : la difficulté à discriminer la faim physiologique des envies émotionnelles, ainsi que l'incapacité à percevoir la satiété.
  • Dérégulation du rythme : la tendance aux grignotages et à l'alternance jeûne/excès, perturbant les apports métaboliques.
  • Préoccupation mentale : l'obsession autour de la nourriture et le temps de veille consacré à la lutte contre les envies.

Ce questionnaire s'adresse aux adultes, particulièrement ceux souffrant de problèmes de poids ou consultant pour des comportements alimentaires compulsifs.

Quand et pourquoi l'utiliser

L'utilisation de la BES est indiquée à plusieurs étapes de l'accompagnement des troubles du comportement alimentaire.

  • Évaluation initiale : pour estimer la sévérité des symptômes lors du bilan et différencier une hyperphagie clinique d'un grignotage occasionnel.
  • Suivi thérapeutique : pour objectiver la réduction de la fréquence des crises ou l'atténuation des cognitions dysfonctionnelles (comme la catastrophisation lors d'un écart).
  • Parcours bariatrique : pour dépister systématiquement les accès hyperphagiques avant une chirurgie de l'obésité, orientant ainsi vers un soutien psychologique adapté.
  • Psychoéducation : pour aider le patient à identifier le poids de l'ambivalence et la fonction de régulation émotionnelle de ses crises.

Un score structuré offre au clinicien un repère chiffré fiable qui complète l'impression clinique, facilitant la discussion sur des comportements souvent dissimulés en raison de la honte.

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Les questions

  1. Vous trouverez ci-dessous 16 groupes d'énoncés décrivant des comportements, des pensées et des émotions en lien avec l'alimentation. Dans chaque groupe, lisez attentivement toutes les propositions puis choisissez UNE SEULE proposition — celle qui décrit LE MIEUX ce que vous vivez actuellement. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse : répondez le plus honnêtement possible.
    1. Perception de ton poids et gêne en société
    Cet item évalue l'impact du poids et de l'apparence sur l'estime de soi et l'évitement social.
    • Je ne me sens pas gêné(e) par mon poids ou ma taille quand je suis avec les autres.
    • Je me soucie de l'image que je donne aux autres mais, normalement, cela ne me rend pas déçu(e) de moi-même.
    • Je me sens gêné(e) par mon apparence et mon poids, ce qui me rend déçu(e) de moi-même.
    • Je me sens très gêné(e) par mon poids et, fréquemment, je ressens une honte et un dégoût de moi-même intenses. J'essaie d'éviter les contacts sociaux à cause de cette gêne.
  2. 2. Rapidité d'ingestion et sensation de trop-plein
    Ce groupe explore la vitesse de la prise alimentaire et son lien avec l'inconfort physique consécutif.
    • Je n'ai aucune difficulté à manger lentement, de manière appropriée.
    • Bien que j'aie l'impression d'« engloutir » la nourriture, je ne finis pas par me sentir trop rempli(e) pour avoir trop mangé.
    • Parfois, j'ai tendance à manger rapidement et, ensuite, je me sens désagréablement rempli(e).
    • J'ai l'habitude d'avaler ma nourriture sans vraiment la mâcher. Quand cela arrive, je me sens généralement désagréablement rempli(e) parce que j'ai trop mangé.
  3. 3. Ton contrôle des pulsions alimentaires
    Cet item mesure le sentiment d'impuissance et la détresse face à l'incapacité de maîtriser ses envies de manger.
    • Je me sens capable de contrôler mes pulsions à manger quand je le veux.
    • J'ai l'impression d'avoir échoué à contrôler mon comportement alimentaire, plus que la moyenne des gens.
    • Je me sens totalement impuissant(e) quand il s'agit de me sentir en contrôle de mes pulsions à manger.
    • Parce que je me sens si impuissant(e) à contrôler mon alimentation, j'en suis venu(e) à désespérer d'en reprendre le contrôle.
  4. 4. Manger par ennui
    Ce point repère la composante émotionnelle de l'alimentation, en particulier le recours à la nourriture comme réponse à l'ennui.
    • Je n'ai pas l'habitude de manger quand je m'ennuie.
    • Je mange parfois quand je m'ennuie mais, souvent, je parviens à m'occuper et à me sortir la nourriture de la tête.
    • J'ai l'habitude régulière de manger quand je m'ennuie mais, occasionnellement, je peux me tourner vers une autre activité pour me sortir la nourriture de la tête.
    • J'ai la forte habitude de manger quand je m'ennuie. Rien ne semble pouvoir m'aider à m'en défaire.
  5. 5. Faim physiologique versus faim non physiologique
    Cet item distingue l'alimentation motivée par un besoin physiologique de l'alimentation hédonique ou compulsive.
    • D'habitude, quand je mange quelque chose, c'est que j'ai physiquement faim.
    • De temps en temps, je mange quelque chose par impulsion, même si je n'ai pas vraiment faim.
    • J'ai l'habitude régulière de manger des aliments que je n'apprécie pas vraiment, pour satisfaire une sensation de faim alors que, physiquement, je n'ai pas besoin de nourriture.
    • Même si je n'ai pas physiquement faim, je ressens une sensation de faim dans la bouche qui ne semble pouvoir être satisfaite qu'en mangeant un aliment — comme un sandwich — qui me remplit la bouche. Parfois, quand je mange pour satisfaire cette « faim de bouche », je recrache ensuite la nourriture pour ne pas prendre de poids.
  6. 6. Ta culpabilité après avoir trop mangé
    Ce groupe cible les affects négatifs (culpabilité, haine de soi) qui suivent fréquemment une crise d'hyperphagie.
    • Je ne ressens aucune culpabilité ni haine de moi-même après avoir trop mangé.
    • Après avoir trop mangé, je ressens occasionnellement de la culpabilité ou de la haine de moi-même.
    • Presque tout le temps, je ressens une forte culpabilité ou une forte haine de moi-même après avoir trop mangé.
  7. 7. Ta perte de contrôle pendant un régime
    Cet item évalue le mode de pensée en tout ou rien et la rupture de la restriction cognitive.
    • Je ne perds pas totalement le contrôle de mon alimentation quand je suis au régime, même après des périodes où je mange trop.
    • Parfois, quand je mange un « aliment interdit » pendant un régime, j'ai l'impression d'avoir « tout gâché » et je mange encore plus.
    • Fréquemment, j'ai l'habitude de me dire : « J'ai tout gâché maintenant, pourquoi ne pas aller jusqu'au bout ? » quand je mange trop pendant un régime. Quand cela arrive, je mange encore plus.
    • J'ai l'habitude régulière de commencer des régimes stricts, mais je les romps en me livrant à une crise de gloutonnerie. Ma vie semble n'être faite que de « festins » ou de « famines ».
  8. 8. La fréquence de tes épisodes de trop-plein
    Ce point quantifie la fréquence des épisodes où la personne s'alimente jusqu'à l'inconfort physique.
    • Il m'arrive rarement de manger tellement de nourriture que je me sente désagréablement rempli(e) juste après.
    • Habituellement, environ une fois par mois, il m'arrive de manger une telle quantité de nourriture que je finis par me sentir très rempli(e).
    • J'ai des périodes régulières dans le mois pendant lesquelles je mange de grandes quantités de nourriture, soit aux repas, soit lors de collations.
    • Je mange tellement de nourriture que, régulièrement, je me sens assez mal à l'aise après avoir mangé, et parfois un peu nauséeux(se).
  9. 9. La régularité de tes apports caloriques et ton alternance festin–famine
    Cet item met en évidence l'instabilité des apports caloriques, typique du cycle hyperphagique et des jeûnes compensatoires.
    • Mon apport calorique ne monte pas très haut et ne descend pas très bas de façon régulière.
    • Parfois, après avoir trop mangé, j'essaie de réduire mon apport calorique presque à rien pour compenser l'excès de calories que j'ai ingérées.
    • J'ai l'habitude régulière de trop manger pendant la nuit. Il semble que ma routine soit de ne pas avoir faim le matin, mais de trop manger le soir.
    • À l'âge adulte, j'ai connu des périodes d'une semaine entière pendant lesquelles je me suis pratiquement affamé(e), à la suite de périodes où j'avais trop mangé. Il me semble vivre une vie faite soit de « festins », soit de « famines ».
  10. 10. Capacité à s'arrêter de manger une fois commencé
    Ce groupe interroge l'incapacité ressentie à stopper la prise alimentaire une fois qu'elle a débuté.
    • Je suis habituellement capable d'arrêter de manger quand je le veux. Je sais quand « ça suffit ».
    • De temps en temps, j'éprouve une compulsion à manger que je ne semble pas pouvoir contrôler.
    • Fréquemment, j'éprouve de fortes pulsions à manger que je semble incapable de contrôler mais, à d'autres moments, je peux contrôler mes envies de manger.
    • Je me sens incapable de contrôler mes pulsions à manger. J'ai peur de ne pas pouvoirarrêter de manger volontairement.
  11. 11. Difficulté à s'arrêter à satiété
    Cet item évalue la perte du signal de satiété et la poursuite de l'alimentation au-delà du besoin physique.
    • Je n'ai aucun problème pour arrêter de manger quand je me sens rassasié(e).
    • Je peux généralement arrêter de manger quand je me sens rassasié(e) mais, occasionnellement, je mange trop et cela me laisse désagréablement rempli(e).
    • J'ai du mal à arrêter de manger une fois que j'ai commencé et, habituellement, je me sens désagréablement rempli(e) après un repas.
    • Parce que j'ai le problème de ne pas pouvoir arrêter de manger quand je le veux, il m'arrive de devoir me faire vomir pour soulager ma sensation de trop-plein.
  12. 12. Ton comportement alimentaire selon l'entourage
    Ce point relève la clandestinité des prises alimentaires, induite par la honte et la stigmatisation.
    • Il me semble que je mange autant quand je suis avec les autres (en famille, lors de rencontres sociales) que lorsque je suis seul(e).
    • Parfois, quand je suis avec d'autres personnes, je ne mange pas autant que je le voudrais parce que mon comportement alimentaire me gêne.
    • Fréquemment, je ne mange qu'une petite quantité de nourriture en présence d'autres personnes, parce que mon comportement alimentaire m'embarrasse beaucoup.
    • J'ai tellement honte de trop manger que je choisis des moments où je peux trop manger en sachant que personne ne me verra. Je me sens comme un(e) « mangeur/mangeuse en cachette ».
  13. 13. La continuité de tes prises alimentaires au cours de la journée
    Cet item identifie les schémas de grignotage continu qui effacent la structure traditionnelle des repas.
    • Je prends trois repas par jour, avec seulement une collation occasionnelle entre les repas.
    • Je prends trois repas par jour, mais je grignote aussi normalement entre les repas.
    • Quand je grignote beaucoup, je prends l'habitude de sauter les repas réguliers.
    • Il y a des périodes régulières durant lesquelles il me semble manger continuellement, sans repas planifiés.
  14. 14. Tes pensées et préoccupations tournées vers la nourriture
    Ce groupe évalue le degré d'obsession et l'espace mental qu'occupe la lutte contre les pulsions alimentaires.
    • Je ne pense pas beaucoup à essayer de contrôler des pulsions à manger non désirées.
    • Au moins à certains moments, je sens que mes pensées sont préoccupées par le fait d'essayer de contrôler mes pulsions à manger.
    • Je sens que, fréquemment, je passe beaucoup de temps à penser à ce que j'ai mangé ou à essayer de ne plus manger.
    • Il me semble que la majeure partie de mes heures d'éveil est préoccupée par des pensées sur le fait de manger ou de ne pas manger. J'ai l'impression de lutter constamment pour ne pas manger.
  15. 15. Ta conscience du fait de manger
    Cet item sonde la présence d'envies irrépressibles (cravings) et la place qu'occupe la nourriture dans le quotidien.
    • Je ne pense pas beaucoup à la nourriture.
    • J'ai de fortes envies de nourriture, mais elles ne durent que de courtes périodes.
    • Il y a des jours où il me semble ne pouvoir penser à rien d'autre qu'à la nourriture.
    • La plupart de mes journées semblent préoccupées par des pensées sur la nourriture. J'ai l'impression de vivre pour manger.
  16. 16. Ta reconnaissance de la faim physiologique et portion adaptée
    Ce point évalue l'altération de l'intéroception, en particulier la difficulté à identifier les signaux de faim et de satiété.
    • Je sais habituellement si j'ai physiquement faim ou non. Je prends la portion de nourriture qui convient pour me satisfaire.
    • Occasionnellement, je ne sais pas très bien si j'ai physiquement faim ou non. Dans ces moments-là, il m'est difficile de savoir quelle quantité de nourriture il me faudrait pour me satisfaire.
    • Même si je sais peut-être combien de calories je devrais manger, je n'ai aucune idée de ce qu'est une quantité « normale » de nourriture pour moi.
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