Thérapie brève axée sur les solutions : Fiche de travail PDF, outils et exercices
Une fiche PDF de psychoéducation sur la TBOS pour poser le cadre en séance : ses trois principes fondateurs, ses outils cliniques clés et la posture du thérapeute.
Vignettes cliniques
La question miracle chez un patient épuisé
Contexte. M., 41 ans, consulte pour un épuisement professionnel persistant. Il décrit chaque séance comme un inventaire de ce qui ne va pas, et peine à envisager une sortie concrète. Le clinicien introduit la question miracle : « Quel serait le premier petit signe, demain matin, que quelque chose a changé, même légèrement ? » M. marque un silence, puis évoque qu'il prendrait son café assis, sans regarder ses messages. Ce détail, minuscule en apparence, devient le point d'ancrage du travail : identifier les matins où cela se produit déjà, et en comprendre les conditions. Au fil des séances suivantes, M. note que ces matins existent, deux à trois fois par semaine, ce qui modifie sensiblement sa perception d'être totalement démuni.
Amplifier ce qui fonctionne déjà
Contexte. L., 29 ans, est adressée pour une anxiété sociale qui entrave ses relations au travail. Elle arrive convaincue que rien ne l'aide et que la situation empire. La clinicienne propose une échelle de 0 à 10 et demande à L. ce qui lui permet d'être à 3 plutôt qu'à 0. L. identifie, avec une certaine surprise, qu'elle gère mieux les réunions courtes en fin de matinée. Plutôt que d'analyser l'origine de l'anxiété, le travail se concentre sur les conditions qui rendent ces moments plus supportables, pour les reproduire délibérément. L'objectif fixé en commun reste modeste : passer de 3 à 4, ce que L. juge crédible, ce qui soutient son engagement.
Présenter la thérapie brève orientée solutions à un patient qui arrive avec l'idée qu'une thérapie sérieuse creuse nécessairement le passé peut créer une résistance dès la première séance. À l'oral, le cadre TBOS semble parfois insuffisant, voire suspect. Cette fiche PDF de psychoéducation sur la TBOS offre un appui visuel concret pour poser le modèle en quelques minutes et libérer du temps de séance pour le travail clinique lui-même.
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Fiche, exercices et supports prêts à l'emploi, directement dans SessionFuel.
Le premier obstacle est conceptuel. Rompre avec l'idée qu'il faut comprendre pourquoi avant de changer comment va à l'encontre du modèle implicite que la plupart des patients apportent. Dire simplement « nous allons regarder ce qui fonctionne déjà » produit souvent une adhésion de façade, sans que la logique de l'approche soit véritablement intégrée.
Le deuxième obstacle est terminologique. Les mots exceptions, question miracle, objectif en termes de présence ont un sens technique précis en TBOS, très différent de leur usage courant. Sans support visuel, le patient les entend selon son propre référentiel, et la alliance thérapeutique se construit sur un malentendu. La fiche pose un vocabulaire commun dès le départ, ce que le discours seul ne garantit pas.
Troisième point : les patients qui ont déjà vécu une prise en charge analytique ou une TCC centrée sur les distorsions cognitives peuvent vivre la posture solution-focused comme un déni de leur souffrance. La clarification visuelle de la section « À ne pas confondre » de la fiche répond à cette objection fréquente avant même qu'elle soit formulée, ce qui protège l'alliance thérapeutique dès les premières séances.
Ce que contient la fiche : un appui visuel pour poser le cadre de la TBOS
La fiche est organisée en cinq panneaux que vous pouvez parcourir avec le patient en séance, sans lecture linéaire obligatoire.
Trois principes fondateurs, chacun décliné en trois registres : l'idée, la posture clinique, et une formulation concrète en séance. Exemple : « Qu'est-ce qui vous a aidé, ne serait-ce qu'un peu ? » pour le principe « Faites plus de ce qui marche. »
Un axe temporel passé / présent / futur qui montre visuellement l'ancrage de la TBOS dans le mouvement, pas dans la cause. Ce schéma simple permet de répondre à la question « Mais pourquoi vous n'explorez pas mon enfance ? » sans défensive.
Six outils cliniques décrits en langage patient : la question miracle, l'échelle de 0 à 10 (avec la question clé « Qu'est-ce qui ferait passer de 4 à 5 ? »), la recherche d'exceptions, le recadrage, les compliments authentiques, et la formulation d'objectifs en termes de présence. Les exercices associés à ces outils, comme la construction d'objectifs SMART ou la clarification de valeurs, peuvent compléter la démarche.
Un exemple narratif centré sur le stress professionnel, qui montre concrètement la différence entre l'analyse étiologique et la recherche d'exceptions.
Un encadré « À discuter en séance » avec trois amorces de réflexion que le patient peut noter : observer les moments d'allègement, formuler même de petits objectifs, nommer ses inquiétudes sur l'absence d'exploration du passé.
> À retenir : la fiche n'est pas un questionnaire autonome. C'est un support visuel que vous utilisez en séance pour rendre la logique TBOS claire, gagner du temps de psychoéducation et laisser au patient un repère écrit qu'il pourra relire entre les consultations.
La section finale résume quatre ancres en quatre mots : Vers l'avenir, Les exceptions, Petits pas, Vous l'expert. Ce condensé fonctionne comme un aide-mémoire post-séance, comparable à ce que propose la fiche sur la flexibilité psychologique ACT pour l'hexaflex.
Bibliothèque clinique
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Moment optimal : en deuxième séance, après l'anamnèse initiale et l'accord sur les objectifs de prise en charge. La remettre en première séance noie souvent l'information dans la surcharge de l'accueil.
Profils indiqués : patients épuisés par des prises en charge longues centrées sur le problème, présentations de burn-out ou d'anxiété généralisée (voir la fiche sur le TAG) sans comorbidité dissociative majeure, adultes cherchant une approche brève sur un objectif circonstanciel. Elle s'articule bien avec la formulation longitudinale en 5 P quand vous souhaitez combiner compréhension contextuelle et orientation solution.
Formulation d'introduction possible :« Avant d'aller plus loin, je vous propose une page qui explique comment je vais travailler avec vous. Ce n'est pas un questionnaire, parcourons-la ensemble. » Cette phrase neutralise la tentation du patient de la remplir seul comme un formulaire.
Débrief : pointez la section sur les exceptions et demandez au patient s'il repère déjà un moment récent qui y correspond. Cette question opérationnalise immédiatement la posture TBOS et amorce le travail de repérage de ses forces que vous approfondirez ensuite. Pour les patients dont la résistance au changement est marquée, croisez la fiche avec la balance décisionnelle ou le travail sur l'ambivalence.
Limite principale : la TBOS telle que présentée ici n'est pas indiquée comme cadre exclusif en cas de TSPT complexe ou de schémas précoces fortement activés. Dans ces configurations, la fiche peut servir à introduire le principe des exceptions sans prétendre remplacer une formulation de cas complète.
La fiche ne remplace pas le cadre thérapeutique : elle rend l'explication plus claire et laisse au patient un repère concret sur lequel s'appuyer entre deux séances.
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de Shazer, S., Dolan, Y., Korman, H., Trepper, T., McCollum, E., Berg, I. K. (2007). More Than Miracles: The State of the Art of Solution-Focused Brief Therapy. Routledge.
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