Menu d'activités : fiche PDF, outils et exercices pour l'activation comportementale
Une fiche PDF visuelle pour expliquer en séance la logique « agir d'abord » et proposer un menu de 19 domaines d'activités à vos patients déprimés.
Vignettes cliniques
Menu d'activités et retrait dépressif
Contexte. M., 41 ans, consulte pour un épisode dépressif caractérisé évoluant depuis quatre mois. Il décrit un arrêt progressif de toutes ses activités habituelles, attendant chaque matin de ressentir l'envie d'agir, sans y parvenir. Le clinicien lui présente la fiche psychoéducative et introduit la notion de spirale descendante, en soulignant que l'action précède généralement le retour du plaisir plutôt qu'elle n'en découle. M. parcourt le menu en séance, entoure trois domaines qui éveillent une faible reconnaissance, et planifie une seule activité pour la semaine suivante : préparer un repas simple le jeudi soir. À la séance suivante, il rapporte une humeur cotée à 5 sur 10 après l'activité, contre 2 habituellement, ce qui ouvre une discussion sur le lien entre geste et affect.
Réintroduction progressive après burnout
Contexte. L., 35 ans, en arrêt de travail depuis deux mois à la suite d'un épuisement professionnel, présente un tableau mixte d'anhédonie et d'hyperactivité compensatoire intermittente. Elle exprime des difficultés à choisir des activités ressourçantes, décrivant une tête vide dès qu'on lui pose la question ouvertement. La clinicienne lui remet le menu d'activités en expliquant que reconnaître plutôt que créer demande moins de ressources cognitives en période de déplétion. L. coche six domaines avec une curiosité modeste, sélectionne deux activités pour la semaine, une de plaisir et une d'accomplissement, et note son humeur avant et après chacune. Le suivi révèle des écarts parfois faibles, mais suffisants pour amorcer une réflexion sur ce qui nourrit réellement son élan, distinct de la performance.
Expliquer à l'oral que « l'action précède la motivation » est une chose ; faire en sorte que le patient déprimé rentre chez lui avec quelque chose à faire en est une autre. Cette fiche PDF d'activation comportementale sert d'appui visuel pour rendre la logique behavioral activation opérationnelle dès la séance, pas seulement comprise.
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Fiche, exercices et supports prêts à l'emploi, directement dans SessionFuel.
Pourquoi l'anhédonie rend la psychoéducation orale insuffisante
Le principal obstacle à l'activation comportementale dans la dépression n'est pas l'ignorance du principe, c'est l'épuisement cognitif qui accompagne l'anhédonie. Lorsque vous demandez au patient ce qui lui ferait plaisir, la question ouverte se heurte à un vide que le patient lui-même ne peut pas combler à cet instant. Ce n'est pas une résistance au sens analytique, c'est un symptôme.
La spirale descendante au cœur du maintien dépressif (moins faire → moins de plaisir → moins d'envie → encore moins faire, selon les travaux de Lewinsohn repris par Martell et Dimidjian) est conceptuellement simple, mais difficile à faire visualiser sans support. À l'oral, elle passe ; sur le papier, elle reste. C'est précisément là que le format visuel de la fiche change quelque chose : le patient peut pointer du doigt l'endroit exact où il se trouve dans la spirale, et voir d'un coup d'œil que la bascule se fait par le corps, pas par la tête.
Autre nœud fréquent en séance : la croyance implicite « il faut d'abord se sentir mieux pour bouger », que le patient n'exprime pas toujours clairement. Associée à la perte de motivation en dépression et à l'évitement situationnel, elle alimente exactement la spirale que vous cherchez à interrompre.
Ce que contient la fiche : un appui visuel pour expliquer la logique « agir d'abord »
La fiche est organisée en quatre panneaux que le praticien parcourt avec le patient pendant la séance, pas avant.
Le premier panneau nomme le piège : attendre une envie qui ne vient pas, et propose deux schémas côte à côte, spirale descendante et bascule par l'action, qui montrent visuellement ce qu'un discours seul ne montre pas : l'endroit exact où l'intervention peut avoir lieu. Ce contraste graphique est le cœur de la psychoéducation.
Le deuxième panneau détaille cinq étapes pratiques : parcourir la liste, choisir deux ou trois activités (une plaisir, une accomplissement), planifier de façon précise (« Mardi 18h, marcher 15 min au parc »), commencer ridiculement petit, puis noter l'humeur de 0 à 10 après. Cette dernière étape est cliniquement précieuse : elle fournit une donnée à débriefer en séance suivante, notamment si « rien ne bouge », ce que la fiche présente elle-même comme une information utile, pas un échec.
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication en séance ; ce n'est pas un questionnaire à compléter seul, c'est un outil de psychoéducation que vous tenez entre les mains pendant la consultation pour rendre la notion concrète et laisser au patient un repère tangible.
Le troisième panneau est le menu lui-même : 19 domaines (cuisiner, créer, bouger, prendre soin, social, ménage, etc.), chacun décliné en quatre à cinq activités concrètes. La logique, explicitée dans la fiche, est que « reconnaître une activité dans une liste demande beaucoup moins d'énergie que d'en inventer une ». Ce point mérite d'être dit au patient mot pour mot. Pour cartographier l'emploi du temps actuel avant d'utiliser le menu, l'inventaire des activités actuelles offre une base factuelle complémentaire.
Le quatrième panneau liste les pièges classiques (le grand projet paralysant, le plaisir non immédiat, l'activité qui « n'a rien donné ») avec des reformulations directes utilisables en séance, et une rubrique À discuter en séance qui signale les situations qui demandent un retour au clinicien.
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La fiche s'intègre naturellement après une évaluation de la psychoéducation sur la dépression ou dès que le patient formule une impasse du type « je ne sais pas quoi faire » ou « rien ne me motive ». Elle est particulièrement utile avec les patients pour qui la planification hebdomadaire reste abstraite faute d'un réservoir d'idées accessible.
Une formulation d'introduction simple : « Je vais vous montrer quelque chose qui ressemble à un menu de restaurant, mais pour les activités. Votre seule tâche aujourd'hui, c'est d'entourer ce qui éveille une micro-curiosité, même un tout petit peu. » Le mot « menu » réduit la pression ; l'instruction de cocher plutôt d'inventer est suffisamment concrète pour un patient en phase aiguë.
La fiche ne remplace pas le cadre thérapeutique ni la formulation de cas ; elle rend l'explication plus claire et laisse au patient un repère concret à emporter.
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