Visages d'émotions à imprimer : Fiche d'exercices PDF, outils et exercices
Une fiche PDF illustrée de 12 visages pour aider l'enfant à nommer ses émotions en séance et à la maison, même quand les mots font défaut.
Vignettes cliniques
Pointer quand les mots manquent
Contexte. L., 7 ans, adressé pour des crises de pleurs fréquentes à l'école ; ses parents signalent qu'il répond invariablement « rien » ou « je sais pas » quand on lui demande comment il se sent. En séance, le clinicien lui présente la fiche des douze visages posée à plat sur la table, sans consigne verbale pressante. L. pointe d'abord le visage « confus », puis, après un silence, ajoute le visage « apeuré ». Ce double pointage ouvre un échange bref mais concret sur la rentrée dans une nouvelle classe ; c'est la première fois que l'enfant nomme quelque chose d'autre que la colère. La fiche est remise aux parents avec la suggestion de l'afficher sur le réfrigérateur et de s'en tenir au pointage le soir, sans exiger de discours.
Vocabulaire émotionnel et profil neuroatypique
Contexte. M., 9 ans, avec un diagnostic de TSA de niveau 1, suit un suivi psychologique centré sur la régulation émotionnelle ; sa mère rapporte des accès d'agitation dont personne ne comprend le déclencheur. Le clinicien introduit la fiche comme un « dictionnaire de visages » en précisant explicitement que l'enfant ne ressemble pas forcément au dessin, mais que les mots, eux, peuvent servir. Sur plusieurs séances, M. apprend à associer une tension dans les poings au mot « en colère » et une sensation au ventre au mot « gêné ». L'ajout progressif d'une échelle de 0 à 10 permet ensuite d'affiner : M. distingue une « petite gêne » d'une gêne envahissante, ce qui rend les situations scolaires plus déchiffrables pour lui et pour son entourage.
Le lexique émotionnel de l'enfant s'élargit rarement par l'explication verbale seule. Quand vous demandez « comment tu te sens ? », beaucoup d'enfants répondent « bien » ou « pas bien », et la séance s'arrête là. Cette fiche PDF donne un support visuel concret pour contourner ce blocage langagier et poser, dès les premières consultations, un vocabulaire émotionnel partagé.
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Pourquoi nommer ses émotions résiste à l'explication orale
Le travail d'étiquetage émotionnel avec l'enfant achoppe sur deux obstacles que vous connaissez bien. Le premier est développemental : avant 8-10 ans, la granularité émotionnelle est encore limitée. Le deuxième est contextuel : en état de détresse active, l'accès au langage se restreint précisément quand on en aurait le plus besoin, sous l'effet de la surcharge du cortex préfrontal.
La psychoéducation parentale se heurte à la même limite. Expliquer à un parent que son enfant « manque de mots pour ses émotions » reste abstrait tant qu'aucun support ne vient illustrer ce que ça signifie concrètement pendant une crise. La roue des émotions (114 émotions) ou les thermomètres des émotions répondent à ce besoin chez l'adolescent ou l'adulte ; pour le jeune enfant, il faut un format encore plus accessible. C'est là qu'un appui visuel à pointer, sans obligation de parler, change la dynamique.
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Ce que contient la fiche : un support visuel à pointer, pas à lire
La fiche imprimable
La fiche propose 12 visages dessinés, chacun associé à une émotion nommée et à une phrase-ancre en langage enfant. « Mon copain à la récré » pour la joie, « doudou resté chez papi » pour la tristesse, « sœur a cassé mon dessin » pour la colère : ces ancrages narratifs court-circuitent la définition abstraite. L'enfant reconnaît la situation avant de reconnaître l'émotion, ce qu'un discours oral ne permet pas aussi rapidement.
Les 12 états couverts sont : joyeux, triste, en colère, apeuré, surpris, dégoûté, gêné, fier, confus, ennuyé, excité, calme. L'éventail inclut des émotions souvent sous-représentées dans les outils courants (la confusion, la fierté, le dégoût), ce qui élargit directement le registre disponible pour le travail clinique.
La deuxième partie de la fiche détaille cinq modalités d'utilisation à la maison : le rituel du soir collé sur le frigo, le recours pendant une crise (pointer suffit quand parler ne l'est plus), la possibilité de pointer deux visages simultanément pour les émotions mixtes (fier ET gêné), une progression vers la cotation d'intensité et la localisation somatique, et une note sur la posture parentale. Une section « À discuter en séance » liste trois situations spécifiques à explorer avec le thérapeute : le vocabulaire émotionnel limité à deux ou trois mots, l'émotion « interdite » à la maison, et l'hésitation à corriger ce que l'enfant pointe.
> À retenir : cette fiche est un support visuel qui facilite l'explication en séance ; l'enfant pointe, le clinicien nomme avec lui, et le parent observe le protocole en direct plutôt que de l'entendre décrit.
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La fiche s'intègre dès la deuxième ou troisième séance, une fois l'alliance établie, pour tout enfant de 4 à 10 ans présentant un lexique émotionnel restreint, une impulsivité importante, ou une tendance à l'évitement expressif. Elle est particulièrement utile avec les profils neuroatypiques (TDAH, TSA) pour qui la fiche fait office de vocabulaire conventionnel, sans présupposer une correspondance directe entre le visage dessiné et l'expérience intérieure.
Pour l'introduire, vous pouvez dire quelque chose comme : « Je t'apporte une feuille avec des visages ; tu n'as pas à parler, tu peux juste me montrer celui qui te ressemble le plus aujourd'hui. » Cette formulation supprime la pression de la verbalisation et rend le pointage légitime.
En débrief avec le parent présent (ou en parentalité séparée), la section « À discuter en séance » vous sert de guide d'entretien semi-structuré. Si le parent hésite entre accueillir le ressenti pointé et le corriger, c'est un levier direct pour travailler la validation émotionnelle et articuler la fiche avec un outil comme les stratégies d'adaptation pour enfants et adolescents ou la respiration abdominale pour enfant.
La fiche s'articule naturellement avec le triangle pensées-émotions-actions pour enfants dès que l'enfant dispose d'un vocabulaire émotionnel suffisant, ou avec apprivoiser ses peurs (enfants et ados) pour cibler l'émotion de peur spécifiquement. Elle laisse au patient un repère concret à réutiliser à la maison, bien au-delà de la séance où vous l'aurez introduite.
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