Générateur de hiérarchie des peurs : Fiche de travail PDF, outils et exercices
Une fiche PDF structurée avec outils et exercices pour co-construire la hiérarchie d'exposition en séance et donner au patient un repère concret.
Vignettes cliniques
Anxiété sociale : poser une première marche
Contexte. M., 34 ans, consulte pour une anxiété sociale invalidante qui l'a conduit à décliner plusieurs prises de parole au travail. Il décrit son problème comme « tout me paralyse dès qu'on me regarde », sans pouvoir hiérarchiser les situations redoutées. Le clinicien lui propose de compléter la fiche de construction d'échelle des peurs en séance : après avoir ancré ses repères SUDS personnels (son « 100 » étant une présentation devant l'ensemble de son service), M. liste huit situations et leur attribue une note. L'exercice révèle qu'un appel téléphonique à un proche est coté 15, soit une marche accessible pour commencer les expositions. À la séance suivante, M. rapporte avoir passé deux appels sans les reporter, notant que l'anxiété avait diminué avant la fin de chaque conversation.
Peur des transports : rendre le flou concret
Contexte. L., 27 ans, évite les transports en commun depuis un épisode de malaise en métro il y a dix-huit mois ; elle organise ses déplacements en voiture au prix d'un coût logistique important. Elle se dit « incapable de remonter dans le métro », sans distinguer ce qui la terrifie de ce qui reste simplement inconfortable. La clinicienne introduit la fiche d'échelle des peurs pour externaliser ce gradient : L. classe sept situations, du trajet en bus de surface de deux arrêts (coté 28) jusqu'à la ligne bondée aux heures de pointe (coté 91). Ce découpage déplace la question de « puis-je prendre le métro ? » vers « quelle marche tente-on cette semaine ? », ce que L. décrit comme « moins écrasant ». L'exposition débute par le trajet en bus, répété trois fois avant la séance suivante.
Expliquer le principe de l'exposition graduée à l'oral ne suffit souvent pas : le patient acquiesce en séance, repart sans savoir par où commencer, et l'évitement reprend. Cette fiche PDF donne au praticien un support visuel pour co-construire la hiérarchie d'exposition directement en consultation, et laisser au patient un repère opérationnel entre les séances.
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Pourquoi l'échelle des peurs résiste à l'explication orale
La logique de l'évitement comportemental est bien intégrée par les cliniciens formés en TCC, mais sa transmission au patient bute sur un problème de représentation. Dire « vos évitements nourrissent votre anxiété » reste abstrait. Ce que le patient perçoit, lui, c'est que fuir soulage : le soulagement à court terme est concret, la boucle de renforcement, elle, reste invisible.
La graduation pose un second problème. Sans ancrage chiffré, les patients tendent à sous-estimer les paliers accessibles ou, à l'inverse, à viser d'emblée le seuil le plus redouté, ce qui mène à l'abandon précoce. La notion de zones de confort et de panique reste théorique tant que le patient n'a pas posé ses propres repères sur une échelle numérique personnalisée. C'est précisément là que l'appui visuel change quelque chose.
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Ce que contient la fiche : un support visuel pour l'exposition graduée
La fiche comporte huit sections, chacune utilisable comme point d'appui pendant la séance.
Le cercle vicieux de l'évitement : un schéma en boucle (déclencheur, anxiété montante, évitement, soulagement, peur renforcée) avec une flèche de retour qui rend visible ce que le discours seul ne montre pas. « La flèche rouge ferme la boucle : le soulagement "apprend" au cerveau que la situation était dangereuse. » Vous pouvez pointer ce schéma au moment précis où un patient justifie ses évitements par le soulagement ressenti, sans avoir à reformuler.
L'échelle SUDS de 0 à 100 : cinq ancres verbales (de « totalement calme » à « pire angoisse imaginable ») que le patient calibre sur ses propres expériences avant de noter quoi que ce soit. Ce travail d'ancrage rend les notes cohérentes d'une séance à l'autre, ce qu'un simple curseur ne garantit pas.
Un exemple d'anxiété sociale : une hiérarchie de sept situations, de 2 à 98 SUDS, avec des marches régulières d'environ 10 à 15 points. Concrètement utile pour montrer ce que signifie « graduée », et pour comparer avec la structure attendue dans le modèle de Clark & Wells.
Le guide de construction en six étapes : lister 8 à 15 situations concrètes, varier les paramètres (distance, durée, contexte social, béquilles présentes), noter chaque item « comme si on devait le faire maintenant, sans aucune stratégie de sécurité », lisser les marches, choisir un point de départ entre 30 et 50 SUDS, puis faire vivre l'échelle en renotant les items affrontés au fil du temps.
Les quatre critères d'une bonne exposition (sûre, inconfortable, prolongée, répétée) et la liste des comportements de sécurité à lâcher : bouteille d'eau, téléphone en main, vérification des sorties, répétition mentale. Ces deux sections permettent d'anticiper les pièges classiques, notamment chez les patients qui estiment « avoir essayé » sans jamais avoir lâché leurs béquilles.
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication en séance ; elle ne remplace pas la conceptualisation de cas, elle la rend visible et laisse au patient une carte concrète à consulter entre les séances.
La fiche mentionne aussi explicitement le cas du trauma : l'exposition aux souvenirs traumatiques suit un protocole distinct de la hiérarchie des situations actuelles. Cette précision, portée par le support lui-même, protège le cadre sans que vous ayez à l'ajouter chaque fois.
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Pour l'introduire sans étiqueter le patient, une formulation simple fonctionne bien : « On va construire ensemble une carte de ce que vous évitez en ce moment, pour voir par où commencer. » Vous co-remplissez la section SUDS et les premières situations en séance, ce qui ancre d'emblée la démarche comme collaborative.
Le débrief s'organise autour de la section « À discuter en séance » intégrée à la fiche : items dont la note fluctue selon les jours, évitements découverts hors liste, paliers qui stagnent malgré plusieurs répétitions. Cette structure guide la relecture sans improvisation.
La fiche ne remplace pas la formulation de cas ni la supervision clinique : elle rend l'explication plus claire, accélère la mise en mouvement, et laisse au patient un repère tangible à chaque palier franchi.
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