Thérapie d'exposition : Fiche de travail PDF, outils et exercices pour la pratique clinique
Une fiche PDF visuelle pour psychoéduquer vos patients sur l'exposition graduée : le piège de l'évitement, la courbe d'habituation et la construction d'une échelle SUDS personnalisée.
Vignettes cliniques
Hiérarchie d'exposition et phobie des transports
Contexte. M., 38 ans, ne prend plus le métro depuis deux ans à la suite d'une attaque de panique survenue dans un couloir bondé. Il a progressivement réorganisé ses trajets professionnels pour éviter tout espace souterrain, ce qui allonge considérablement ses journées. La clinicienne lui présente la fiche psychoéducative sur l'exposition thérapeutique pour expliquer le piège de l'évitement avant de proposer de construire ensemble une hiérarchie des situations redoutées, cotées de 0 à 100. M. situe «regarder le plan du métro sur écran» à 25, «se tenir devant l'entrée de la station sans descendre» à 45, et «prendre une rame une station» à 70. Le premier palier est travaillé en séance, l'inconfort retombant de 30 à 12 en moins de dix minutes de maintien de la situation, ce qui amorce une discussion sur le processus d'habituation.
Exposition imaginale avant passage in vivo
Contexte. L., 27 ans, présente une phobie spécifique des chiens consécutive à une morsure dans l'enfance. Elle évite tout environnement où un animal risque d'être présent, ce qui la conduit à refuser des invitations sociales et à emprunter des itinéraires détournés. Le clinicien propose d'abord une exposition imaginale : L. décrit à voix haute une scène où elle croise un petit chien en laisse, en maintenant l'image mentale jusqu'à ressentir une baisse perceptible de l'inconfort. À la troisième répétition, elle signale passer de 55 à 30 sur l'échelle SUDS sans avoir eu recours à une quelconque stratégie de contrôle de la respiration. Cette réduction spontanée sert de point d'appui concret pour planifier, la semaine suivante, une exposition in vivo dans un espace extérieur où des chiens tenus en laisse sont présents.
Proposer l'exposition en séance est rarement le plus difficile. Ce qui résiste, c'est la psychoéducation préalable : le patient acquiesce verbalement, mais repart avec une représentation floue du mécanisme, et l'évitement reprend le dessus dès la première montée anxieuse. Cette fiche PDF est conçue comme un support visuel d'explication à utiliser directement en séance pour poser, en moins de dix minutes, les fondements conceptuels et pratiques de l'exposition thérapeutique.
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Ce qui coince quand on explique l'exposition à l'oral
La plupart des patients comprennent intellectuellement que fuir aggrave la peur. Beaucoup l'ont même lu quelque part. Ce qu'ils ne saisissent pas à l'oral, c'est la dynamique temporelle : pourquoi l'anxiété redescend si l'on reste, et pourquoi elle remonte plus fort après chaque évitement. Sans courbe, sans schéma, la notion d'habituation reste abstraite.
L'autre écueil fréquent : la catastrophisation du processus. Le patient entend « exposition » et imagine d'emblée le palier maximal de sa hiérarchie. Sans un support visuel qui montre la progressivité, le principe de l'échelle graduée ne prend pas. L'alliance en pâtit avant même de commencer.
La fiche règle ces deux problèmes simultanément, en rendant visible ce que le discours seul ne montre pas.
Ce que contient la fiche : l'appui visuel palier par palier
La fiche PDF est structurée en huit panneaux distincts. Les deux premiers forment le socle psychoéducatif : un schéma du piège de l'évitement (situation redoutée, montée anxieuse, fuite, soulagement immédiat, puis renforcement de la peur) et une courbe d'habituation annotée qui montre, sur un axe temps/intensité, la différence entre rester et fuir. Ce que le graphique rend immédiatement lisible, c'est le paradoxe : « si je fuis : ça remonte plus fort » versus « si je reste : ça redescend ». Aucune formulation verbale ne l'ancre aussi vite.
Le troisième panneau distingue les trois formes d'exposition (imaginale, in vivo, combinée) avec une logique de préparation progressive. Vient ensuite le cœur opérationnel : l'échelle SUDS de 0 à 100, illustrée par trois hiérarchies complètes (phobie des araignées, anxiété sociale, peur de la contamination), avec des paliers nommés et cotés. Ces exemples concrets permettent au patient de comprendre le principe de la gradation avant même de construire sa propre hiérarchie d'exposition.
Les panneaux suivants couvrent les règles avant de commencer (rester jusqu'à la descente spontanée, ne jamais sauter au palier maximal, répéter jusqu'à l'ennui), six idées reçues à corriger avec leur reformulation directe, les indications cliniques (phobies spécifiques, TOC avec prévention de la réponse, TSPT, trouble panique, anxiété pour la santé, anxiété généralisée), et des phrases à se redire pendant l'exposition.
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication en séance ; elle ne remplace pas la construction de la hiérarchie avec le thérapeute, elle la prépare en dotant le patient d'un vocabulaire commun et d'une représentation graphique du mécanisme.
Bibliothèque clinique
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La fiche s'intègre naturellement après la formulation de cas et avant la construction de l'échelle graduée. Elle est particulièrement utile dès la deuxième ou troisième séance, une fois l'anamnèse complète et l'évitement comportemental identifié. Pour les patients qui suivent le cercle vicieux de l'évitement depuis des années, elle offre un premier recadrage non confrontant.
Pour l'introduire sans étiqueter : « Je voudrais vous montrer un schéma qui explique ce que votre cerveau fait quand vous évitez une situation. Regardons-le ensemble. » Parcourir le panneau de la courbe d'habituation suffit souvent à déclencher une reconnaissance spontanée. Notez la réaction : si le patient pointe immédiatement le palier 100 de l'un des exemples SUDS, c'est le signal d'une catastrophisation à travailler avant de progresser.
La fiche convient aux phobies spécifiques en exposition graduée, au TOC, à l'anxiété sociale et au TSPT, avec des adaptations de rythme selon le protocole. Elle est moins indiquée comme entrée de jeu chez un patient en phase de déstabilisation aiguë ou sans alliance suffisante pour tolérer l'annonce d'une montée anxieuse délibérée. Dans ce cas, commencer par comprendre les mécanismes de l'anxiété ou par la psychoéducation sur l'habituation avant de revenir à cette fiche.
La fiche ne remplace pas la supervision clinique du protocole d'exposition ; elle rend l'explication plus claire et laisse au patient un repère concret auquel revenir entre les séances.
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Foa, E. B., Hembree, E. A., Rothbaum, B. O., Rauch, S. (2019). Prolonged Exposure Therapy for PTSD: Emotional Processing of Traumatic Experiences - Therapist Guide (2nd ed.). Oxford University Press.
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