Échelle révisée des pensées paranoïdes de Green et al. (R-GPTS)

L'Échelle révisée des pensées paranoïdes de Green et al.

Échelle révisée des pensées paranoïdes de Green et al. (R-GPTS)
Questions
18
Durée
5 min
Titre original
R-GPTS — Revised Green et al. Paranoid Thoughts Scale
Adaptation
Échelle révisée des pensées paranoïdes de Green et al. (R-GPTS)
Auteurs
Freeman, Loe, Kingdon, Startup, Molodynski, Rosebrock, Brown, Sheaves, Waite & Bird
Création
2021

L'Échelle révisée des pensées paranoïdes de Green et al. (R-GPTS) est un instrument psychométrique validé qui évalue la fréquence et l'intensité des idées de référence et de persécution chez l'adulte. Conçue pour une utilisation tant en population générale qu'en milieu clinique, elle permet d'objectiver le continuum des expériences paranoïdes au cours du dernier mois, en écartant les épisodes survenus sous l'effet exclusif de substances.

En pratique clinique, cet outil s'avère particulièrement pertinent pour repérer l'émergence d'idées délirantes, qu'il s'agisse du simple sentiment d'être observé ou d'une authentique conviction persécutoire. La R-GPTS décompose l'idéation paranoïde en deux dimensions distinctes, facilitant ainsi la formulation clinique longitudinale et la construction d'un plan de traitement ciblé et progressif.

Sa sensibilité au changement en fait une mesure de choix pour monitorer l'évolution des symptômes au fil des séances, par exemple lors d'interventions cognitivo-comportementales ciblant les sauts aux conclusions et les biais d'interprétation. En fournissant des scores dimensionnels associés à des repères de sévérité, l'échelle aide le praticien à situer la détresse du patient, à normaliser l'expérience vécue et à ajuster ses stratégies thérapeutiques en conséquence.

Exemple de résultat

Résultat fictif, calculé à partir d'un jeu de réponses d'exemple.

Version révisée (2021) de la Green et al. Paranoid Thoughts Scale : 18 items cotés de 0 à 4 au cours du mois écoulé, répartis sur deux échelles indépendantes — idées de référence (8 items, 0–32) et idées de persécution (10 items, 0–40). Issue d'une analyse par la théorie de la réponse à l'item (TRI) auprès de plus de 10 000 participants, elle fournit des degrés de sévérité validés et des seuils cliniques (11 : niveau clinique de paranoïa ; 18 : délire de persécution probable). Traduction française : les items communs conservent la formulation de la GPTS française validée ; les items spécifiques à la version révisée sont traduits à partir de l'article source (traduction non validée).
Idées de référence (Partie A)
13/ 32
Idées de référence : impression que les autres parlent de soi, font référence à soi ou se moquent de soi.
items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8
0–9
Moyen
10–15
Élevé
13
16–20
Modérément sévère
21–24
Sévère
25–32
Très sévère
généralemixte · population générale · population générale · Royaume-Uni · n = 774 · 2021 · Freeman et al. (2021)
032
13
M = 6.77 ± 5.54
cliniquemixte · pathologie : troubles de santé mentale · Royaume-Uni · n = 32 · 2021 · Freeman et al. (2021)
032
13
M = 9.43 ± 8.06
cliniquemixte · pathologie : psychose · Royaume-Uni · n = 62 · 2021 · Freeman et al. (2021)
032
13
M = 15.8 ± 7.42
cliniquemixte · pathologie : délires de persécution · Royaume-Uni · n = 360 · 2021 · Freeman et al. (2021)
032
13
M = 19.9 ± 7.8
Idées de persécution (Partie B)
20/ 40
Idées de persécution : conviction que les autres cherchent délibérément à nuire.
items 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18
0–5
Moyen
6–10
Élevé
11–17
Modérément sévère
18–27
Sévère
20
28–40
Très sévère
généralemixte · population générale · population générale · Royaume-Uni · n = 7297 · 2021 · Freeman et al. (2021)
040
20
M = 4.52 ± 6.74
cliniquemixte · pathologie : troubles de santé mentale · Royaume-Uni · n = 982 · 2021 · Freeman et al. (2021)
040
20
M = 8.21 ± 9.35
cliniquemixte · pathologie : psychose · Royaume-Uni · n = 1804 · 2021 · Freeman et al. (2021)
040
20
M = 13.7 ± 13
cliniquemixte · pathologie : délires de persécution · Royaume-Uni · n = 360 · 2021 · Freeman et al. (2021)
040
20
M = 26.1 ± 9.46
À titre indicatif
Seuil≥ 11Niveau clinique de paranoïa
Seuil recommandé pour discriminer un niveau clinique d'idéation paranoïaque.
Freeman et al. (2021)Voir l’étude
Seuil≥ 18Présence probable d'un délire de persécution
Seuil recommandé pour un délire de persécution probable : 81 % des patients présentant un délire confirmé le dépassent, contre 7 % de la population non clinique.
Freeman et al. (2021)Voir l’étude

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Ce que mesure le test

La R-GPTS mesure deux dimensions fondamentales de l'idéation paranoïde, reflétant la manière dont le patient perçoit, interprète et réagit aux intentions d'autrui dans son environnement social.

  • Idées de référence : l'impression d'être le centre de l'attention, de faire l'objet de discussions ou de faire face à un jugement critique, sans nécessairement y associer une intention directe de nuire.
  • Idées de persécution : la conviction qu'autrui nourrit des intentions hostiles, incluant le sentiment d'être menacé, trompé ou visé délibérément par un complot.
  • Détresse associée : l'impact émotionnel, le degré d'irritabilité et le bouleversement générés par ces expériences perceptives et cognitives.

Ce questionnaire s'adresse aux adultes afin d'évaluer l'intensité des expériences psychotiques de type paranoïaque, tant auprès de populations souffrant de troubles du spectre de la schizophrénie que chez les individus ne présentant pas de diagnostic psychiatrique établi.

Quand et pourquoi l'utiliser

L'utilisation de la R-GPTS est indiquée pour repérer, évaluer et suivre la dynamique des pensées paranoïdes, offrant un repère quantitatif structuré pour guider l'accompagnement psychothérapique ou psychiatrique.

  • Évaluation initiale : pour objectiver la présence d'idées de référence ou de persécution lors d'un bilan psychologique d'entrée et évaluer précisément leur sévérité.
  • Dépistage clinique : pour repérer précocement le basculement d'une méfiance interpersonnelle vers un fonctionnement délirant ou aider à repérer les signes de psychose émergente.
  • Suivi thérapeutique : pour mesurer de manière répétée la réponse aux interventions psychologiques et évaluer l'effet d'une stratégie d'adaptation mise en place par le patient au quotidien.
  • Diagnostic différentiel : pour affiner la compréhension clinique lorsqu'il s'agit de distinguer l'idéation paranoïde d'un trouble d'anxiété sociale sévère ou d'une méfiance liée à un syndrome post-traumatique.

L'obtention d'un score standardisé apporte une mesure dimensionnelle nuancée qui dépasse la simple impression clinique binaire (présence ou absence de délire), permettant d'ancrer le dialogue psychothérapique sur des expériences relationnelles spécifiques.

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Les questions

  1. Veuillez lire attentivement chaque énoncé. Ces énoncés portent sur des pensées et des sentiments que vous avez pu avoir concernant les autres personnes au cours du DERNIER MOIS. Indiquez l’intensité de ces impressions de 0 (Pas du tout) à 4 (Totalement). N.B. : ne cotez pas d’expériences vécues sous l’effet de substances.
    1. J’ai passé du temps à penser que des ami(e)s disent des ragots à mon sujet.
    Cet item évalue la rumination anxieuse liée à la peur d'être l'objet de rumeurs ou de commérages de la part des proches.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  2. 2. J’ai souvent entendu des gens parler de moi.
    Il s'agit ici d'explorer la tendance à rapporter des bribes de conversation neutres à soi-même.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  3. 3. J’ai été contrarié(e) par des ami(e)s et collègues qui m’ont jugé(e) de manière critique.
    Cette question sonde la vulnérabilité émotionnelle face à l'évaluation perçue dans la sphère sociale et professionnelle.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  4. 4. Des gens ont clairement ri de moi dans mon dos.
    L'attention est portée sur la certitude de la personne quant au fait d'être la cible de moqueries dissimulées.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  5. 5. J’ai beaucoup pensé au fait que des gens m’évitent.
    Cet énoncé mesure la perception subjective d'un rejet social actif ou d'une mise à l'écart volontaire par autrui.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  6. 6. Des gens ont fait allusion à mon égard.
    L'objectif est d'identifier la propension à décrypter des messages cachés ou à double sens dans les échanges quotidiens.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  7. 7. J’ai cru que certaines personnes n’étaient pas ce qu’elles semblaient être.
    Cet item aborde la méfiance fondamentale quant à l'authenticité et aux véritables intentions des personnes de l'entourage.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  8. 8. Je me suis senti(e) contrarié(e) par les gens qui parlent de moi dans mon dos.
    Il s'agit d'évaluer la détresse affective directe provoquée par le sentiment d'être la cible de discussions extérieures.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  9. 9. Certaines personnes m’en veulent.
    Ce premier item de la dimension de persécution marque le basculement vers l'attribution d'une intention clairement malveillante.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  10. 10. Des gens m’ont fixé(e) du regard pour que je me sente menacé(e).
    La question explore l'interprétation hostile et menaçante projetée spécifiquement sur les regards d'autrui.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  11. 11. J’ai été certain(e) que des gens ont fait des choses dans le but de m’énerver.
    Cet énoncé sonde la conviction que les actions dérangeantes de l'entourage sont préméditées et dirigées contre soi.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  12. 12. J’ai été convaincu(e) qu’il y avait un complot contre moi.
    Il s'agit d'identifier la présence d'une idéation complotiste structurée, un élément très souvent central dans les tableaux de persécution.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  13. 13. J’ai été sûr(e) que quelqu’un voulait me faire du mal.
    L'attention se porte sur la crainte explicite et imminente d'une agression physique, psychologique ou sociale.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  14. 14. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que des gens voulaient me rendre confus(e).
    Cet item évalue le caractère intrusif et obsessionnel des ruminations liées à une volonté extérieure de déstabilisation.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  15. 15. J’ai été en détresse car j’étais persécuté(e).
    L'objectif est de mesurer l'impact affectif, notamment l'état d'alerte et le bouleversement généré par l'expérience subjective de persécution.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  16. 16. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser aux personnes qui voulaient que je me sente mal.
    Cette question met en lumière la difficulté à réguler l'attention et à stopper volontairement les pensées centrées sur la menace.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  17. 17. Des gens ont fait exprès d’être hostiles envers moi.
    Il s'agit de repérer la certitude persistante d'une agressivité ouverte et délibérée dirigée spécifiquement contre le patient.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
  18. 18. J’ai été en colère parce que quelqu’un voulait me faire du mal.
    Ce dernier énoncé évalue l'émergence d'émotions réactives fortes, comme la colère ou l'indignation, en réponse à la menace perçue.
    • Pas du tout
    • Un peu
    • Modérément
    • Beaucoup
    • Totalement
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