Communication : Fiche PDF, outils et exercices pour la pratique clinique
Un support visuel structuré en 6 panneaux pour expliquer les canaux, les styles et l'assertivité en séance, sans jargon.
Vignettes cliniques
Quand le corps contredit les mots
Contexte. M., 34 ans, consulte pour des difficultés relationnelles au travail ; il se décrit comme quelqu'un qui « ne pose jamais de problème » et dit systématiquement oui à ses collègues. En séance, le clinicien introduit la fiche sur la communication et attire l'attention de M. sur les trois canaux simultanés, en particulier sur le fait que le non-verbal prime lorsqu'il contredit le verbal. M. reconnaît alors qu'il acquiesce oralement tout en croisant les bras et en baissant les yeux, et que ses collègues lui renvoient parfois qu'il « a l'air contrarié ». Ce premier travail de repérage permet d'amorcer une réflexion sur l'écart entre ce qu'il dit et ce que son corps exprime, sans chercher à modifier le comportement dès cette séance.
Malentendus par SMS, canal mal choisi
Contexte. L., 28 ans, présente une anxiété relationnelle marquée dans sa relation de couple ; elle rapporte des conflits récurrents déclenchés par des échanges de messages écrits. Le clinicien s'appuie sur la section « digital » de la fiche pour explorer avec elle comment l'absence de ton, la ponctuation et le délai de réponse colorent un message différemment de l'intention initiale. L. prend conscience qu'un point final perçu comme neutre par elle était lu comme de la froideur par son partenaire, et que son délai de réponse de plusieurs heures était interprété comme un retrait. L'entretien ne débouche pas sur une prescription comportementale, mais ouvre un questionnement sur le choix du canal selon l'enjeu émotionnel de l'échange.
Quand un patient décrit une dispute ou un malentendu, il réduit presque toujours la communication à ce qui a été dit, en ignorant complètement le registre non-verbal et, de plus en plus souvent, la dimension numérique de l'échange. Cette fiche PDF sert précisément à rompre ce réductionnisme en séance, avant même que le travail de fond commence.
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Pourquoi la communication est difficile à faire comprendre à l'oral
Le concept semble évident, tout le monde « sait » ce qu'est communiquer. C'est exactement là que le bât blesse. Quand vous l'expliquez verbalement, le patient acquiesce, puis revient la semaine suivante avec exactement le même schéma : il rapporte les mots échangés, oublie de mentionner son ton, sa posture ou le fait qu'il a mis deux heures à répondre au message.
La difficulté n'est pas cognitive ; elle est attentionnelle. Les patients en évitement expérientiel ou porteurs de schémas d'inhibition émotionnelle ne perçoivent pas spontanément leurs propres signaux non-verbaux. Ceux qui oscillent entre style passif et style passif-agressif n'ont souvent aucune représentation claire de l'impact que leurs soupirs ou leurs silences produisent sur l'interlocuteur. Un dessin vaut ici mieux qu'un discours.
Ce que contient la fiche : six panneaux visuels pour structurer l'explication
La fiche est organisée en six blocs thématiques que vous pouvez parcourir séquentiellement ou cibler selon le besoin clinique du moment.
Les quatre fonctions de la communication : partager, exprimer, lier, écouter, formulées en verbes actifs, elles permettent d'ouvrir rapidement la question « laquelle vous fait le plus défaut ? »
Les trois canaux simultanés : verbal, non-verbal, digital. Le panneau liste concrètement ce qui circule sur chaque canal (ton, débit, pauses ; distance, regard, posture ; délai de réponse, ponctuation écrite, émojis). La règle clé est énoncée noir sur blanc : « Quand le verbal et le non-verbal se contredisent, l'autre croit le non-verbal. » Le voir écrit frappe différemment qu'une explication orale.
Les signaux que ça coince : six comportements reconnaissables (éviter certaines personnes, ruminer « j'aurais dû dire ça », se sentir ignoré). Ce repérage rapide ancre la notion dans le vécu sans étiqueter.
Les quatre styles : passif, agressif, passif-agressif, assertif, chacun décrit sur trois lignes (façon d'agir, effet à court terme, coût à long terme). Cette mise en parallèle visuelle fait ce qu'un exposé oral peine à faire : montrer simultanément pourquoi le style passif-agressif perturbe l'autre sans que celui-ci comprenne pourquoi.
Cinq phrases assertives prêtes à l'emploi, dont la trame classique CNV : « Quand tu fais X, je me sens Y, j'aimerais Z. »
Un cadre de distinctions : assertif ≠ dur, gentil ≠ passif, et la phrase-clé « Cela s'apprend, comme conduire. »
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication en séance ; elle ne remplace pas le travail thérapeutique, mais elle pose un vocabulaire commun en quelques minutes et laisse au patient une référence concrète à consulter entre les consultations.
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Proposez-la dès que le travail sur la communication devient un axe central : conflits répétés, plainte d'incompréhension chronique, difficultés d'affirmation de soi, ou encore contextes de rupture de lien (numérique inclus). Elle convient aussi bien à un adulte isolé décrivant ses échanges tendus au travail qu'à un couple en thérapie conjointe, où les styles de communication divergents sont souvent le nœud présenté en séance.
Pour l'introduire sans étiqueter, vous pouvez dire simplement : « Je voudrais vous montrer une carte de la communication, pour qu'on parle le même langage. On va voir ensemble où ça bute pour vous. » Remettez la fiche ouverte devant le patient, parcourez le panneau des trois canaux en lui demandant lequel il surveille le moins dans ses propres échanges. Puis passez aux quatre styles : demandez-lui d'identifier celui qui prend le dessus selon le contexte, pas « votre style », mais « le style qui émerge avec cette personne précise ».
Le débrief gagne à s'appuyer sur les invitations de la fiche elle-même : « À discuter en séance, lorsque vous repérez un échange où ce qui s'est dit, ce que votre corps a montré et ce que vous auriez voulu transmettre ne coïncidaient pas. » Cette formulation évite la position de mise en accusation et ouvre naturellement vers les outils complémentaires : la fiche sur l'écoute active, les exercices sur le message en « je » ou les scénarios pratiques d'affirmation de soi. Si le style agressif domine, l'articulation avec la fiche sur la communication agressive ou avec les outils pour s'affirmer face à l'agressivité s'impose. Pour les patients qui s'effacent systématiquement, la communication passive et les droits assertifs complètent utilement le travail engagé ici.
Une contre-indication relative : en phase aiguë de crise relationnelle (séparation imminente, escalade conflictuelle), la psychoéducation sur les styles peut être vécue comme un verdict. Attendez une fenêtre de régulation suffisante, ou introduisez uniquement les phrases assertives comme ressource immédiate, sans aborder les styles.
La fiche ne remplace pas la formulation de cas ni la conceptualisation de la relation thérapeutique ; elle rend l'explication plus rapide, plus visuelle, et laisse au patient un repère concret à remettre en main.
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Alberti, R. E., Emmons, M. L. (2017). Your Perfect Right: Assertiveness and Equality in Your Life and Relationships (10th ed.). New Harbinger Publications.
Walther, J. B. (2015). Social Information Processing Theory (CMC). The International Encyclopedia of Interpersonal Communication, Wiley Blackwell.
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