Entraînement à l'affirmation de soi : Fiche PDF, outils et exercices pour 10 scénarios
Une fiche PDF structurée en six panneaux pour expliquer l'assertivité en séance, poser un vocabulaire commun et passer directement aux formulations concrètes avec vos patients.
Vignettes cliniques
Style passif et formulation en trois temps
Contexte. M., 38 ans, consulte pour un épuisement professionnel progressif ; il décrit une incapacité à refuser des tâches supplémentaires à son chef de service, accumulant des heures non reconnues sans jamais en parler. Le clinicien lui remet la fiche psychoéducative et lui propose d'identifier son style habituel parmi les quatre décrits. M. se reconnaît sans hésitation dans le profil passif et souligne le coût évoqué, rancœur et perte d'estime, qu'il ressent depuis plusieurs mois. En séance, il s'entraîne à reformuler une situation récente selon la structure en trois temps : décrire le fait, exprimer son ressenti au « je », formuler une demande concrète. À la séance suivante, il rapporte avoir utilisé la formulation avec son responsable ; la conversation a été courte mais il n'a pas reculé, ce qu'il note comme un changement modeste mais significatif.
Glissement passif-agressif au travail
Contexte. L., 45 ans, est adressée par son médecin traitant après des tensions relationnelles répétées dans son équipe ; ses collègues lui reprochent des sous-entendus et des oublis sélectifs, qu'elle perçoit comme des réactions légitimes à des injustices non reconnues. Le clinicien utilise la fiche pour aborder les quatre styles de communication, sans porter de jugement sur l'un d'eux. L. identifie le profil passif-agressif avec une certaine résistance, puis reconnaît que ses besoins restent cachés et que la méfiance qui s'ensuit lui coûte davantage qu'elle ne l'admettait. Le travail porte ensuite sur la distinction fait/jugement, à partir de la situation des pauses prolongées d'une collègue, scénario présent dans la fiche. L. produit une première formulation assertive écrite ; elle la trouve maladroite mais préférable à l'ironie habituelle, ce qui ouvre une réflexion sur ses attentes réelles.
En séance, expliquer l'assertivité à l'oral produit souvent un acquiescement de surface : le patient comprend la définition, mais reste démuni face à la situation précise qui le bloque, faute d'un script utilisable. Cette fiche PDF sur l'affirmation de soi sert de support visuel pour franchir ce saut entre la notion et la formulation réelle, en travaillant directement à partir de dix situations concrètes.
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Fiche, exercices et supports prêts à l'emploi, directement dans SessionFuel.
Pourquoi l'assertivité résiste à l'explication orale
Le principal obstacle n'est pas la compréhension intellectuelle du concept : c'est la confusion entre style assertif et style agressif. Beaucoup de patients assimilent "s'exprimer clairement" à "blesser l'autre" ou "passer pour quelqu'un de difficile". Cette confusion est alimentée par des pensées bloquantes persistantes, souvent préverbales, qui court-circuitent la reformulation avant même qu'elle commence.
L'autre difficulté tient à l'abstraction du conseil verbal. Dire à un patient "parlez en 'je', décrivez les faits" ne lui donne pas le calibrage nécessaire pour distinguer un jugement d'un fait comportemental dans sa propre situation. Sans ancrage concret, les notions issues de la TCC ou de la CNV (Rosenberg) glissent. C'est là qu'un support visuel change l'économie de la séance : la fiche sur la communication assertive ou celle sur le message en « je » peuvent poser la base, mais c'est le passage aux scénarios réels qui consolide l'apprentissage.
Ce que contient la fiche : six panneaux pour rendre l'assertivité visible
La fiche est organisée en six sections que vous parcourez avec le patient, en les commentant au fil de l'explication, pas comme un questionnaire à remplir seul.
Les quatre styles de communication (passif, agressif, passif-agressif, assertif) : chacun est décrit sur quatre dimensions (voix, corps, traitement des besoins, coût ou gain), ce qui permet au patient de se situer visuellement sans verdict global sur sa personnalité.
La structure en trois temps, avec une phrase modèle complète : « Quand tu arrives trente minutes après l'heure convenue... je me sens dévalorisé·e... j'aimerais qu'on convienne d'un horaire. » Le découpage Décrire / Exprimer / Demander reste invisible à l'oral ; affiché, il devient un cadre de travail partagé.
Fait vs jugement : un contre-exemple visuel (« Tu es toujours en retard, tu ne respectes personne » vs « Tu es arrivé·e trente minutes après l'heure convenue ») que le patient peut comparer d'un coup d'œil, là où une explication verbale prend trois fois plus de temps.
Dix situations avec formulations complètes : collègue aux pauses prolongées, argent prêté non rendu, critiques familiales, voisin bruyant, tâches ménagères non assumées... Chaque scénario est rédigé selon la structure en trois temps, prêt à servir de modèle ou de point de départ à une reformulation personnalisée.
Cinq pensées bloquantes fréquentes (« Si je dis non, on ne m'aimera plus », « Ça ne vaut pas la peine »), avec la note : « Repérer ces pensées, c'est déjà commencer à les desserrer. »
Le panel sur le ton (voix posée, regard direct sans être fixe, posture ouverte) : un rappel court mais décisif, souvent négligé en faveur du seul contenu verbal.
La fiche se clôt sur trois questions à discuter en séance, à utiliser comme amorce de débrief immédiat.
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication de l'assertivité en séance ; ce n'est pas un devoir à remplir à la maison, c'est un appui que vous commentez ensemble pour poser un vocabulaire commun et laisser au patient un repère concret entre deux séances.
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La fiche s'intègre naturellement dès la deuxième ou troisième séance, après l'anamnèse relationnelle, dès que l'évitement interpersonnel ou la passivité chronique apparaît comme thème central. Elle est particulièrement adaptée aux patients présentant une anxiété sociale, un faible niveau d'estime de soi ou un schéma de quête d'approbation.
Pour l'introduire, vous pouvez simplement dire : "Je voudrais qu'on regarde ensemble un outil qui décrit plusieurs façons de répondre à une situation difficile. On va s'arrêter sur chaque partie et voir ce qui correspond à ce que vous vivez." Ce cadrage évite toute étiquette et positionne la fiche comme un outil d'exploration commune, pas de diagnostic comportemental.
Limite à garder en tête : chez les patients présentant un trouble de la personnalité limite ou une hypervigilance interpersonnelle marquée, les scénarios peuvent déclencher une réactivité émotionnelle forte. Dans ce cas, ralentissez sur le panneau des pensées bloquantes avant de passer aux formulations, et articlez explicitement le travail avec les compétences de tolérance à la détresse (protocole DBT de Linehan) ou avec l'écoute assertive.
La fiche ne remplace pas le travail sur les schémas sous-jacents ; elle rend l'explication plus efficace et laisse au patient un repère opérationnel qu'il peut relire entre les séances.
Utilisez-la avec vos patients
Partagez cet outil dans l'application mobile et suivez le travail entre les séances.
Alberti, R. E., Emmons, M. L. (2017). Your Perfect Right: Assertiveness and Equality in Your Life and Relationships (10th ed.). Impact Publishers / New Harbinger Publications.
Bower, S. A., Bower, G. H. (1991). Asserting Yourself: A Practical Guide For Positive Change (Updated Edition). Da Capo Press / Perseus Books.
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