Exemples de conversation de couple en CNV : Fiche d'exercices PDF, outils et exercices
Une fiche PDF structurée pour ancrer la grammaire CNV en séance de thérapie de couple : grille OSBD, 13 situations concrètes et support de psychoéducation.
Vignettes cliniques
CNV face au reproche habituel
Contexte. M. et Mme T., la quarantaine, consultent depuis trois séances pour des conflits répétés autour des soirées en famille. Mme T. ouvre la séance par une formule rodée : « Il ne fait jamais attention à moi. » Le clinicien invite le couple à travailler la distinction observation/évaluation à partir de la fiche CNV, en demandant à Mme T. de reformuler ce qu'une caméra aurait capturé. Elle produit, après quelques essais : « Jeudi soir, pendant le dîner, tu as regardé ton téléphone quatre fois. » M. T. signale qu'il peut entendre cette version sans se braquer, là où la première l'amenait immédiatement à se défendre. La séance se poursuit sur l'identification du besoin sous-jacent chez Mme T., qu'elle nomme timidement comme un besoin de présence.
La demande concrète comme levier
Contexte. L., 38 ans, se présente en thérapie de couple avec son partenaire après une période de distance affective progressive. Lors d'un exercice structuré autour de la grammaire en quatre temps, L. parvient à formuler une observation factuelle et à nommer un sentiment de solitude, mais bute sur la demande : il propose « fais un effort », formule que le clinicien identifie avec lui comme trop vague pour être actionnable. Ensemble, ils reformulent : « On pourrait bloquer le vendredi soir pour nous deux, sans téléphone ? » Le partenaire répond par un oui conditionnel, ce qui ouvre une négociation concrète plutôt qu'une impasse. Le clinicien note en séance que la capacité à recevoir un éventuel refus sans retrait reste un point de travail pour la suite.
En thérapie de couple, la CNV s'explique facilement à l'oral. Le problème, c'est que les deux partenaires quittent la séance avec une vague consigne de « parler autrement » sans avoir intégré la structure qui rend ce changement possible. Cette fiche PDF sert d'appui visuel pour ancrer la grammaire OSBD pendant la consultation, poser un vocabulaire commun aux deux partenaires, et leur laisser un repère concret à consulter entre les séances.
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Pourquoi la CNV en couple résiste à l'explication orale
La difficulté centrale n'est pas conceptuelle. La plupart des patients comprennent l'idée en trente secondes. La difficulté est procédurale : dans le feu d'une dispute, ils ne savent pas à quelle étape leur échange a déraillé. Est-ce que la formulation était une observation ou un jugement déguisé ? Est-ce qu'ils posaient une demande ou une exigence ?
L'autre écueil classique concerne le niveau sentiment. Dire « je sens que tu ne fais pas d'effort » est perçu comme une émotion, alors qu'il s'agit d'une attribution. Cette confusion, fréquente dans les profils avec un schéma de carence affective ou une peur de l'abandon marquée, résiste à la simple reformulation verbale en séance. Elle a besoin d'un contraste visuel pour être saisie.
Le même obstacle apparaît avec la distinction demande / exigence. Le test du « non » décrit dans la fiche est cliniquement précis, mais formulé uniquement à l'oral, il glisse sans laisser de trace.
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Ce que contient la fiche : un support visuel pour ancrer la CNV en couple
La fiche est organisée en six panneaux. Le premier présente la grammaire en quatre temps (Observation, Sentiment, Besoin, Demande) avec, pour chaque étape, une courte phrase d'exemple tirée d'une situation de couple réelle : « Hier soir tu es rentré à 21h sans m'avoir prévenue », « Je me sens inquiète et un peu seule ». Ce que le visuel fait, que l'oral ne fait pas : les quatre colonnes s'affichent simultanément, ce qui permet au patient de voir la structure comme un tout, et non comme une liste séquentielle à mémoriser.
Le deuxième panneau oppose en deux colonnes les évaluations déguisées (« Tu es toujours sur ton téléphone ») aux observations filmables (« Ce soir, tu as regardé ton écran pendant le dîner »). La règle de vérification est énoncée directement : « Si l'autre peut répondre "c'est faux", c'est probablement une évaluation. » Ce contraste visuel est particulièrement utile pour les patients dont les distorsions cognitives colorent fortement leur lecture de l'autre. Vous pouvez l'articuler avec la fiche Fait ou interprétation pour approfondir le travail de décentration.
Le troisième panneau formalise le test du « non » pour distinguer demande et exigence, suivi d'un quatrième panneau composé de 13 situations de couple avec une phrase CNV complète pour chacune : l'autre qui rentre tard, la solitude des écrans, la réparation après dispute, la charge domestique. Ces phrases servent de modèles actionnables, pas de scripts. La fiche comprend aussi un bloc « À discuter en séance » avec trois questions cliniquement orientées, notamment : repérer ensemble à quelle étape une dispute récente a déraillé, ou examiner ce qui transforme une demande en exigence quand le partenaire dit non.
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication de la CNV en séance ; elle n'est pas un formulaire que les patients remplissent seuls, mais un appui de psychoéducation que vous utilisez avec eux pour rendre la grammaire OSBD immédiatement lisible et mémorisable.
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La fiche s'intègre naturellement dans les deux à quatre premières séances de thérapie de couple, une fois le bilan relationnel posé et l'alliance suffisamment établie. Elle est particulièrement indiquée quand les quatre cavaliers de Gottman sont présents, notamment mépris et critique généralisée, ou quand vous travaillez la boucle infinie EFT et souhaitez donner un levier de régulation comportemental concret.
Pour l'introduire sans étiqueter les partenaires, vous pouvez dire : « Je vais vous montrer une grille que j'utilise souvent en séance ; elle n'implique pas que vous communiquez mal, elle donne simplement un cadre commun pour mettre des mots sur ce qui se passe. »
En débrief, les trois questions du bloc « À discuter en séance » guident efficacement la réflexion : inviter le couple à identifier à quelle étape leur dernière dispute a déraillé suffit souvent à produire un recadrage sans interprétation de votre part. La fiche se combine bien avec un travail sur les styles d'attachement en couple ou sur les croyances relationnelles destructrices qui alimentent les cycles négatifs.
Une contre-indication à garder en tête : la CNV ne s'enseigne pas en pleine escalade émotionnelle. Si le couple arrive en séance en état d'activation aiguë, il vaut mieux commencer par des techniques d'ancrage ou travailler la tolérance à la détresse avant d'ouvrir la fiche. La grammaire OSBD exige un niveau minimal de régulation pour être utilisable. La fiche ne remplace pas le cadre thérapeutique ; elle rend l'explication plus claire et laisse aux deux partenaires un repère commun sur lequel revenir.
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