Comprendre mes émotions et réactions : Fiche d'exercices PDF, outils et exercices
Une fiche PDF structurée en quatre étapes pour expliquer visuellement le lien émotion-réaction en séance, avec des outils concrets pour les enfants, adolescents et leurs thérapeutes.
Vignettes cliniques
Relier l'émotion au comportement impulsif
Contexte. L., 9 ans, est adressé en consultation après plusieurs épisodes d'agressivité physique à l'école, principalement lors des transitions entre activités. Le clinicien lui présente la fiche en début de séance, en parcourant ensemble les quatre étapes à partir d'un incident survenu la semaine précédente : un camarade avait pris son feutre sans demander. L. parvient à nommer l'émotion ressentie («énervé») et à reconstituer la séquence jusqu'à la réaction physique qui a suivi. Lors du quatrième temps, il propose lui-même «m'éloigner» et «compter jusqu'à dix» comme alternatives possibles. En fin de séance, le clinicien relève que c'est la première fois que L. relie spontanément un déclencheur précis à son comportement, ce qui ouvre un travail de repérage à poursuivre entre les rendez-vous.
Psychoéducation émotionnelle chez une adolescente anxieuse
Contexte. M., 14 ans, consulte pour une anxiété de performance associée à des comportements d'évitement scolaire récurrents depuis le début de l'année. Le clinicien utilise la fiche comme support de psychoéducation, en invitant M. à choisir parmi les mots proposés ceux qui correspondent à ce qu'elle ressent avant un exposé oral. Elle identifie «stressée» et «j'ai peur», puis décrit sa réaction habituelle : faire semblant d'être malade pour rester à la maison. À l'étape quatre, elle hésite, puis retient «respirer dans le ventre» et «parler à une amie» comme pistes à expérimenter. La fiche lui permet de formuler, pour la première fois explicitement, que l'évitement soulage sur le moment mais renforce la peur à plus long terme, ce qui constitue un point d'ancrage utile pour la suite du suivi.
Expliquer à un enfant ou un adolescent le lien entre ce qu'il ressent et ce qu'il fait, à l'oral, suffit rarement. La notion reste abstraite, le vocabulaire émotionnel manque souvent, et le jeune patient acquiesce sans que la chaîne émotion-comportement prenne vraiment sens. Cette fiche PDF sert de support visuel pour matérialiser ce lien en séance, pas à pas, sans jugement.
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Ce qui coince quand on explique le lien émotion-réaction à l'oral
Chez les enfants et les adolescents, deux obstacles se croisent fréquemment. D'abord, l'alexithymie fonctionnelle : le jeune patient sait qu'il a « explosé », mais ne dispose pas encore du lexique pour nommer ce qui s'est passé juste avant. Ensuite, la confusion entre l'émotion et l'action : dans le récit spontané, les deux sont fusionnées. « J'étais énervé, j'ai poussé mon frère » est vécu comme un bloc, non comme une séquence.
L'approche verbale seule, même avec un bon questionnement socratique, renforce parfois cette fusion : le thérapeute pose des questions, l'enfant répond en boucle sur le comportement, et la psychoéducation du lien émotion-déclencheur-réaction ne s'installe pas. C'est précisément ici que le support visuel change la dynamique, en rendant la séquence littéralement lisible devant le patient. Pour les profils TDAH notamment, la fiche sur l'accompagnement de l'enfant au quotidien complète utilement ce travail de séquençage.
Ce que contient la fiche : un appui visuel en quatre étapes
La fiche s'organise en quatre panneaux progressifs, pensés pour être parcourus avec le thérapeute pendant la séance, jamais remplis seuls à la maison lors d'un moment de crise.
Étape 1 : « Comment je me sens ? » Poser un mot sur l'état interne au moment du déclencheur.
Étape 2 : « Parce que... » Repérer l'élément déclencheur précis : « Mon frère a pris ma manette. »
Étape 3 : « Du coup, j'ai fait... » Décrire le comportement effectif, sans l'évaluer.
Étape 4 : « J'aurais aussi pu... » Explorer une réaction alternative plus aidante.
Un deuxième panneau propose un lexique de douze mots émotionnels (heureux·se, agacé·e, stressé·e, j'ai peur...) accessibles à partir du cycle primaire. Pour les patients bloqués, la consigne proposée par la fiche est simple : « C'est plutôt comme en colère, ou plutôt comme triste ? » Cette formulation binaire évite la surcharge cognitive du choix ouvert. Elle s'articule naturellement avec la roue des émotions de Plutchik et les thermomètres des émotions pour enfants pour les patients qui ont besoin d'un gradient d'intensité.
Un troisième panneau présente trois épisodes mis en scène (la manette, la correction en classe, le refus de dessert) qui servent de modèles pour l'élaboration de la chaîne. Un quatrième liste dix alternatives comportementales concrètes : respirer dans le ventre, compter jusqu'à dix, s'éloigner, dessiner. Ce dernier panneau renvoie directement aux stratégies d'adaptation pour enfants et adolescents et peut être complété par la respiration abdominale enfant.
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication en séance ; elle donne au thérapeute un fil conducteur clair et laisse au patient un repère concret à conserver, pas un formulaire à remplir seul.
La section « À discuter en séance » rappelle une contrainte clinique fondamentale : la fiche « se remplit une fois calmé·e, jamais pendant la crise ». Ce cadrage aide à désamorcer l'anticipation punitive que certains enfants projettent sur tout support écrit.
Bibliothèque clinique
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Ce support convient dès la phase de psychoéducation, généralement entre la deuxième et la cinquième séance, une fois que l'alliance est posée et que le problème-cible est clarifié. Il est particulièrement indiqué pour les enfants de 7 à 14 ans présentant des comportements impulsifs, de la dysrégulation émotionnelle, ou un profil caractérisé par des passages à l'acte que ni l'enfant ni les parents ne comprennent.
Vous pouvez l'introduire ainsi : « Je vais te montrer quelque chose qui aide à voir ce qui se passe dans ta tête juste avant que ça parte. On va regarder ça ensemble avec ce que tu m'as raconté la semaine dernière. » Cette formulation évite d'étiqueter l'enfant comme « problème » et pose la fiche comme un outil de compréhension partagée, pas de contrôle.
La fiche ne remplace pas le travail sur les déclencheurs ni l'exposition aux émotions difficiles : elle pose le vocabulaire commun sans lequel ces étapes ne peuvent pas démarrer.
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