Types de dissociation : Fiche d'exercices PDF, outils et exercices
Une fiche PDF visuelle pour expliquer le mécanisme dissociatif, son spectre et les premiers ancrages en séance, sans stigmatiser le patient.
Vignettes cliniques
Dissociation banale normalisée en consultation
Contexte. M., 34 ans, consulte pour un état anxieux chronique et mentionne en passant qu'il lui arrive souvent d'arriver à son domicile en voiture sans aucun souvenir du trajet, ce qui l'inquiète. Le clinicien lui présente la fiche de psychoéducation sur la dissociation et situe cette expérience dans la partie banale du spectre : automatique, brève, sans détresse au réveil. M. reconnaît aussitôt plusieurs autres exemples similaires dans sa semaine, et son niveau d'inquiétude concernant ce symptôme diminue sensiblement. L'entretien peut alors se recentrer sur les éléments anxieux qui, eux, méritent une attention clinique plus soutenue.
Gel dissociatif identifié après un déclencheur
Contexte. L., 28 ans, suivie pour un état de stress post-traumatique à la suite d'une agression, rapporte des épisodes où elle « part » pendant les transports en commun : elle cesse de percevoir le bruit ambiant, ne sent plus son corps et revient à elle quelques minutes plus tard avec une forte impression d'irréalité. Le clinicien utilise la fiche pour lui présenter le mécanisme du gel dissociatif, en insistant sur la logique de survie sous-jacente plutôt que sur une hypothétique défaillance personnelle. L. identifie que ces épisodes surviennent systématiquement lorsqu'un inconnu s'assoit trop près d'elle, ce qui constitue un déclencheur contextuel cohérent avec son histoire. Cette mise en sens ouvre la voie à un travail sur les stratégies d'ancrage à introduire en amont de ces situations.
Quand un patient décrit des épisodes de déréalisation, d'engourdissement ou de mémoire lacunaire, l'explication orale de la dissociation bute rapidement sur un obstacle : le terme lui-même est associé à une idée de pathologie grave, voire de « folie », et la notion de spectre, du banal au traumatique, est presque impossible à transmettre sans support. Cette fiche PDF de psychoéducation fournit un appui visuel structuré en sept panneaux pour que le clinicien explique le mécanisme en séance, sans déléguer au patient la tâche de comprendre seul.
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Pourquoi la dissociation coince quand on l'explique à l'oral
L'obstacle le plus fréquent n'est pas l'absence de vocabulaire mais la honte que le phénomène génère. Beaucoup de patients arrivent avec la conviction implicite qu'ils ont « mal réagi », qu'ils auraient dû rester présents, ou qu'ils sont « fous ». Une explication purement verbale peine à défaire cette lecture parce qu'elle ne donne pas à voir la continuité entre la rêvasserie inoffensive et l'épisode dissociatif post-traumatique.
Le deuxième point de résistance tient à la nature même du phénomène : la conscience, la mémoire, les émotions et les sensations cessent d'être reliées entre elles, et le patient n'a souvent pas de langage pour décrire cette expérience intéroceptive sans passer par des formulations qui amplifient l'inquiétude. C'est ici que le support visuel prend toute sa valeur clinique, bien davantage qu'un long exposé verbal. La fiche aide également à faire le lien avec des ressources complémentaires comme la fiche sur les réactions post-traumatiques ou celle sur le système nerveux autonome.
Ce que contient la fiche : un support visuel pour expliquer la dissociation en séance
La fiche s'organise en sept panneaux, et c'est leur enchaînement visuel qui constitue la valeur ajoutée par rapport à l'oral.
Le mécanisme central : un schéma en trois cases (événement traumatique, fuite impossible, dissociation) montre d'un coup d'œil pourquoi la réponse dissociative s'est mise en place. La légende « une stratégie de survie, pas une défaillance » est la phrase que le clinicien peut lire à voix haute au patient pour introduire un recadrage cognitif immédiat.
La métaphore du projecteur d'attention : elle distingue l'attention délibérée de l'attention automatique et rend visible le basculement du faisceau, là où les mots seuls resteraient abstraits.
Le spectre bénin/traumatique : deux colonnes côte à côte comparent la rêvasserie douce (choisie, brève, sans trace) et la dissociation traumatique (involontaire, déclenchée, laisse honte, peur, irréalité). Un seul coup d'œil suffit pour que le patient situe ses propres expériences sans avoir à les hiérarchiser lui-même.
Les formes après le trauma : le panneau 5 distingue le « se brancher sur le passé » (flashbacks) du « se débrancher du présent » (dépersonnalisation, déréalisation), avec deux vignettes cliniques courtes qui normalisent sans minimiser. Il complète naturellement la fiche Dépersonnalisation et déréalisation.
Les déclencheurs internes et externes : une liste visuelle bicolonne que le clinicien peut parcourir avec le patient pour repérer les déclencheurs récurrents, en anticipation d'un travail d'identification des déclencheurs émotionnels.
Les techniques d'ancrage : cinq exercices courts (5-4-3 sens, pieds au sol, objet froid, date à voix haute, signal convenu en séance) sont présentés comme des outils immédiatement praticables, en cohérence avec la fiche sur les techniques d'ancrage.
> À retenir : la fiche est un support visuel qui facilite l'explication de la dissociation en séance ; elle ne remplace pas l'anamnèse ni la formulation de cas, mais pose un vocabulaire commun et laisse au patient une trace concrète entre deux consultations.
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Le moment le plus porteur est la phase de psychoéducation, après le recueil initial de l'histoire traumatique mais avant d'engager un travail de retraitement (EMDR, thérapie des schémas, exposition narrative). Pour les patients suivis dans le cadre d'un TSPT ou d'un TSPT complexe, la fiche peut être introduite dès la deuxième ou troisième séance pour sécuriser le cadre.
Vous pouvez l'introduire avec une formulation du type : « Je voudrais vous montrer quelque chose qui décrit ce qui se passe dans ces moments, parce que beaucoup de gens vivent ça et se croient seuls. » Cette formulation évite de nommer d'emblée un diagnostic et oriente vers la normalisation.
Après la présentation, attardez-vous sur le spectre : demandez au patient de pointer l'expérience qui lui parle le plus dans la colonne traumatique, puis ce qui se passe juste avant. Ce débrief oral prépare directement la phase de repérage des déclencheurs. La fiche peut ensuite être utilisée pour convenir ensemble d'un signal à utiliser si le patient sent qu'il part pendant une séance d'exposition ou de retraitement EMDR.
Pour les profils présentant une déréalisation prédominante sans trauma repéré, articlez la fiche avec celle sur la dépersonnalisation et déréalisation et avec la fiche sur la mémoire traumatique. La fiche ne remplace pas le cadre thérapeutique ; elle rend l'explication plus claire et laisse au patient un repère concret pour nommer ce qu'il vit avant la prochaine séance.
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Van der Hart, O., Nijenhuis, E. R. S., & Steele, K. (2006). The Haunted Self: Structural Dissociation and the Treatment of Chronic Traumatization. W. W. Norton & Company.
Van der Kolk, B. A. (2014). The Body Keeps the Score: Brain, Mind, and Body in the Healing of Trauma. Penguin Random House.
American Psychiatric Association (2013). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5th ed.) - Dissociative Disorders. American Psychiatric Association.
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