Checklist dissociative pour enfants (CDC)

La Child Dissociative Checklist (CDC), développée par Putnam et ses collaborateurs (1993), est un outil clinique reconnu pour le dépistage des symptômes…

Checklist dissociative pour enfants (CDC)
Questions
20
Durée
10 min
Titre original
Child Dissociative Checklist (CDC), Version 3
Adaptation
Checklist dissociative pour enfants (CDC)
Auteurs
Putnam, F. W., Helmers, K. & Trickett, P. K.
Création
1993

La Child Dissociative Checklist (CDC), développée par Putnam et ses collaborateurs (1993), est un outil clinique reconnu pour le dépistage des symptômes dissociatifs chez l'enfant âgé de 5 à 12 ans. Contrairement à l'adulte, l'enfant manifeste souvent la dissociation par des variations comportementales brutales, des amnésies ou des altérations du contact, plutôt que par des plaintes subjectives. Face à ces signes souvent déroutants, le clinicien a besoin d'une mesure standardisée pour structurer son observation et objectiver la présence d'une pathologie dissociative naissante, parfois confondue avec d'autres difficultés touchant les lobes et régions cérébrales associées à l'attention.

Rempli par un parent, un tuteur ou un enseignant, cet hétéro-questionnaire permet de systématiser le recueil des comportements observés au cours des douze derniers mois. En chiffrant la sévérité des manifestations dissociatives, la CDC facilite la distinction entre les fluctuations normales du développement infantile et une dissociation pathologique, qui est fréquemment liée à ce qui entretient le TSPT dans l'évolution post-traumatique des victimes de maltraitance. L'administration répétée de cet instrument offre par ailleurs un moyen de suivre objectivement l'évolution symptomatique tout au long de la prise en charge globale de la santé mentale de l'enfant.

Exemple de résultat

Résultat fictif, calculé à partir d'un jeu de réponses d'exemple.

Score global
19/ 40
La CDC est un outil de dépistage en 20 items complété par un adulte référent/informateur (parent, enseignant ou clinicien) connaissant bien l'enfant. Elle vise à identifier les comportements dissociatifs chez les enfants âgés de 5 à 12 ans, à partir de l'observation du comportement actuel ou au cours des 12 derniers mois. Elle explore les domaines de l'amnésie dissociative, de la confusion/altération de l'identité, de la dépersonnalisation/déréalisation, des perturbations perceptives, ainsi que des fluctuations de l'humeur et du comportement, souvent associées à des expériences traumatiques. Elle ne pose pas de diagnostic mais oriente vers une évaluation clinique approfondie.
généralefilles · population générale · 5–12 ans · 1993 · Putnam et al. (1993)
040
19
M = 2.3 ± 2.7
cliniquefilles · pathologie : abus sexuel · 5–12 ans · 1993 · Putnam et al. (1993)
040
19
M = 6 ± 6.4
cliniquemixte · pathologie : trouble dissociatif non spécifié · 5–12 ans · 1993 · Putnam et al. (1993)
040
19
M = 16.8 ± 4.7
cliniquemixte · pathologie : trouble dissociatif de l'identité · 5–12 ans · 1993 · Putnam et al. (1993)
040
19
M = 24.5 ± 5.2
À titre indicatif
Seuil≥ 12dissociation cliniquement significative
Identifie les personnes nécessitant un dépistage complémentaire afin d'établir la présence d'une dissociation cliniquement significative.
Hulette et al. (2011)Voir l’étude
Cotation
Somme, score total de 0 à 40, chaque item étant évalué sur une échelle en 3 points (de 0 à 2).

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Assigner ce test à un patient

Ce que mesure le test

La CDC évalue la fréquence et l'intensité des comportements dissociatifs observés chez l'enfant au cours de l'année écoulée. Elle opérationnalise les différentes facettes de la dissociation infantile à travers les dimensions cliniques suivantes :

  • Amnésie dissociative : oublis d'événements traumatiques avérés, pertes d'objets, ou incapacité à se rappeler des informations personnelles courantes.
  • Altération de l'identité : changements rapides et inexpliqués de la personnalité, de l'humeur, des préférences ou de l'âge développemental apparent (régressions).
  • Déréalisation et dépersonnalisation : épisodes de transe, regard fixe et détachement profond, évoquant la dépersonnalisation et déréalisation clinique étudiée chez les adultes.
  • Perturbations perceptives : présence de compagnons imaginaires prenant le contrôle, voix intrusives ou expériences somnambuliques.
  • Fluctuations comportementales : accès de colère immotivés, somatisations changeantes, comportements sexuels inappropriés ou blessures inexpliquées souvent masquées par un sentiment d'auto-accusation rapporté par l'enfant.

Cet instrument s'adresse aux enfants de 5 à 12 ans dont le comportement ou l'histoire anamnestique laisse suspecter une souffrance dissociative d'origine traumatique.

Quand et pourquoi l'utiliser

L'utilisation de la CDC est recommandée dès lors que l'anamnèse révèle un contexte de maltraitance, de négligence, ou lorsque l'enfant présente des comportements instables et déroutants pour son entourage.

  • Évaluation initiale : pour systématiser le recueil d'informations auprès des figures d'attachement face à des plaintes somatiques inexpliquées, des pertes de mémoire ou des retards scolaires.
  • Diagnostic différentiel : pour distinguer une dissociation d'autres entités psychopathologiques et réduire le risque de se fier au biais rétrospectif lors du recueil narratif libre.
  • Dépistage ciblé : pour objectiver la présence de symptômes sévères justifiant une investigation vers les signes du trouble de stress post-traumatique ou un traumatisme complexe infantile.
  • Suivi longitudinal : pour mesurer concrètement l'impact des interventions thérapeutiques sur la régulation affective et comportementale de l'enfant.

Le recueil systématique d'un score validé sécurise l'évaluation en palliant les failles de l'observation clinique isolée, tout en instaurant une collaboration immédiate et cadrée avec l'adulte référent.

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Les questions

  1. Vous trouverez ci-dessous une liste de comportements décrivant les enfants. Pour chaque item qui décrit votre enfant MAINTENANT ou AU COURS DES 12 DERNIERS MOIS, entourez 2 si l'item est TRÈS VRAI pour votre enfant, 1 s'il est PLUTÔT VRAI ou PARFOIS VRAI, et 0 si l'item n'est PAS VRAI pour votre enfant.
    1. L'enfant ne se souvient pas ou nie des expériences traumatiques ou douloureuses dont on sait qu'elles ont eu lieu.
    Ce premier item évalue la présence d'une amnésie dissociative face aux événements aversifs avérés.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  2. 2. L'enfant entre dans un état de torpeur ou de transe, ou paraît souvent « ailleurs » (spaced-out). Les enseignants peuvent rapporter qu'il ou elle « rêvasse » fréquemment à l'école.
    Cette question cible les épisodes de déconnexion momentanée de la conscience et de l'environnement immédiat.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  3. 3. L'enfant présente des changements rapides de personnalité. Il ou elle peut passer de timide à extraverti(e), de féminin(e) à masculin(e), de craintif(ve) à agressif(ve).
    Cet item objective l'instabilité comportementale extrême suggérant une alternance d'états du moi non intégrés.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  4. 4. L'enfant est inhabituellement oublieux ou confus à propos de choses qu'il ou elle devrait connaître, par exemple oublier les noms d'amis, d'enseignants ou d'autres personnes importantes, perdre ses affaires ou se perdre facilement.
    Ce comportement signale une altération de la mémoire autobiographique et sémantique au quotidien.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  5. 5. L'enfant a une très mauvaise perception du temps. Il ou elle perd la notion du temps, peut penser que c'est le matin alors qu'il est en réalité l'après-midi, se trompe sur le jour de la semaine, ou se trouve confus(e) quant à un événement qui vient de se produire.
    Cette question mesure la désorientation temporelle, marqueur fréquent des pertes de temps dissociatives.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  6. 6. L'enfant présente des variations marquées, d'un jour à l'autre voire d'une heure à l'autre, dans ses compétences, ses connaissances, ses préférences alimentaires ou ses aptitudes physiques : par exemple des changements dans l'écriture, la mémoire d'informations déjà apprises comme les tables de multiplication, l'orthographe, l'utilisation d'outils ou les habiletés artistiques.
    Cet item sonde la fluctuation des apprentissages et des goûts, caractéristique de la compartimentation dissociative.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  7. 7. L'enfant présente des régressions rapides à un niveau de comportement d'un âge inférieur, par exemple un enfant de douze ans qui se met à parler comme un bébé, à sucer son pouce ou à dessiner comme un enfant de quatre ans.
    Le clinicien évalue ici le glissement soudain vers des stades de développement antérieurs.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  8. 8. L'enfant a des difficultés à apprendre de l'expérience, par exemple les explications, la discipline habituelle ou les punitions ne modifient pas son comportement.
    Cette question interroge l'imperméabilité apparente aux conséquences, liée à la difficulté d'intégrer l'expérience continue.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  9. 9. L'enfant continue à mentir ou à nier ses mauvais comportements même lorsque les preuves sont évidentes.
    Cet item s'intéresse au déni massif et aux confabulations souvent confondus à tort avec des mensonges délibérés.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  10. 10. L'enfant parle de lui-même ou d'elle-même à la troisième personne (par exemple « il » ou « elle ») en parlant de soi, ou insiste parfois pour qu'on l'appelle par un autre prénom. Il ou elle peut aussi affirmer que des choses qu'il ou elle a faites ont été faites par quelqu'un d'autre.
    L'absence d'intégration de l'identité subjective est sondée à travers l'usage de la troisième personne ou le rejet de la responsabilité personnelle.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  11. 11. L'enfant présente des plaintes physiques qui changent rapidement, comme des maux de tête ou des maux de ventre. Par exemple, il ou elle peut se plaindre d'un mal de tête à un moment et sembler l'avoir oublié l'instant d'après.
    Cet item recherche la présence de somatisations labiles, typiques d'une dissociation somatoforme.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  12. 12. L'enfant présente des comportements sexuels inappropriés avec d'autres enfants ou avec des adultes.
    Cette question identifie la réitération agie de dynamiques potentiellement traumatiques sans conscience du contexte actuel.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  13. 13. L'enfant présente des blessures inexpliquées ou peut même parfois se blesser délibérément.
    La présence de lésions corporelles auto-infligées ou d'origine méconnue de l'enfant est évaluée ici.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  14. 14. L'enfant rapporte entendre des voix qui lui parlent. Les voix peuvent être amicales ou en colère et peuvent provenir de « compagnons imaginaires » ou ressembler aux voix des parents, des amis ou des enseignants.
    Cet item documente les hallucinations auditives internes, à différencier d'une symptomatologie psychotique classique.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  15. 15. L'enfant a un compagnon imaginaire ou des compagnons imaginaires très vivants. Il ou elle peut insister sur le fait que ce(s) compagnon(s) imaginaire(s) est/sont responsable(s) de choses qu'il ou elle a faites.
    Le recours à une ou plusieurs figures imaginaires assumant la responsabilité des actes réels illustre la dés-identification.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  16. 16. L'enfant a d'intenses accès de colère, souvent sans cause apparente, et peut faire preuve d'une force physique inhabituelle pendant ces épisodes.
    L'émergence brutale d'une agressivité disproportionnée évoque l'irruption soudaine d'affects traumatiques dérégulés.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  17. 17. L'enfant est fréquemment somnambule.
    Cet item relève les épisodes d'activité motrice nocturne dissociée de la conscience vigile.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  18. 18. L'enfant fait des expériences nocturnes inhabituelles, par exemple il ou elle peut rapporter voir des « fantômes » ou dire que des choses se produisent la nuit qu'il ou elle ne peut pas expliquer (par exemple jouets cassés, blessures inexpliquées).
    La question cible les phénomènes hallucinatoires ou amnésiques perçus durant la nuit, sources d'angoisse inexpliquée.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  19. 19. L'enfant se parle fréquemment à lui-même ou à elle-même, peut utiliser une voix différente ou parfois se disputer avec lui-même ou elle-même.
    Le clinicien évalue ici l'externalisation comportementale d'un dialogue intérieur fractionné.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
  20. 20. L'enfant a deux ou plusieurs personnalités distinctes et séparées qui prennent le contrôle de son comportement.
    Ce dernier item interroge directement l'observation par l'entourage de manifestations explicites évoquant une pluralité identitaire.
    • Pas vrai
    • Plutôt vrai ou parfois vrai
    • Très vrai
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